Présentation
Le startup suédois 120ft Factory AB a levé 576 000 € auprès de 22 investisseurs angels. L’objectif déclaré est de construire des micro‑usines autonomes, chacune logée dans trois conteneurs de 40 pieds, d’où le nom de l’entreprise. Les clients ne possèdent aucun robot ; ils paient à l’usage pour chaque produit fini, tout en conservant leurs fournisseurs de composants qui livrent les pièces aux sites 120ft.
Architecture logicielle et flux de production
Le cœur du système est un logiciel d’orchestration qui transforme les plans de produit, les nomenclatures et les exigences qualité en instructions numériques. Chaque lot est d’abord exécuté dans une simulation afin d’identifier les informations manquantes ou les goulets d’étranglement avant le lancement réel. Une fois la simulation validée, le même moteur coordonne les robots humanoïdes, les outillages et les points de contrôle qualité, en décidant automatiquement de la suite des opérations lorsqu’une tâche échoue.
Performance mesurée et feuille de route
Le prototype a été démontré sur une lampe, où les robots ont assemblé un cylindre de verrouillage, vissé le culot d’ampoule et réalisé un test fonctionnel. Selon les fondateurs, l’apprentissage d’une compétence d’assemblage complète a nécessité sept semaines en 2025, puis a été réduit à sept heures grâce à l’optimisation logicielle. L’objectif affiché pour 2027 est de parvenir à sept minutes par unité, ce qui implique une amélioration de l’efficacité de plus de 99 %.
Implications industrielles et limites
Le modèle cible les marques de consommation design‑led, notamment les petits appareils électroménagers et l’électronique grand public, qui souffrent d’un risque géopolitique lié à la dépendance aux usines lointaines. En localisant l’assemblage, 120ft promet de réduire les besoins de trésorerie et les délais de mise sur le marché. Cependant, comme le souligne l’investisseur Sam Baker, « un robot seul ne résout pas le problème manufacturier », soulignant que le succès dépend aussi du outillage, du logiciel et du contrôle qualité. Le financement sera dédié à la mise en production commerciale et à l’expansion de l’infrastructure logicielle, avec une vision à plus long terme d’intégrer la réparation, les mises à jour et le remanufacturing dans le même cadre décentralisé.