Contexte de l’expérience

Lors d’un séjour de recherche de huit semaines au Qualia Research Institute (QRI) à Tepoztlán, Mexique, en mai‑juin 2026, l’auteur a testé l’effet de 5‑MeO‑DMT sur l’illusion d’Ebbinghaus. L’illusion consiste en deux cercles orange de même diamètre entourés de cercles gris ; le cercle droit paraît 10–20 % plus grand selon la distance d’observation. L’auteur a quantifié son propre biais avec une application mobile codée à l’aide de GPT‑5.6 Sol, où il déplaçait un curseur jusqu’à ce que les deux cercles paraissent égaux.

Mécanismes neuropharmacologiques

5‑MeO‑DMT a été administré par vaporisation, méthode obligatoire car la voie orale est inactivée par le métabolisme hépatique. Les doses utilisées étaient de 3,4 mg (estimation basée sur la concentration du liquide) et de 1,7 mg, réparties sur une heure. L’effet visuel dure 10–20 minutes, tandis que l’intensité subjective persiste quelques minutes supplémentaires. Contrairement aux psychédéliques classiques (LSD, psilocybine, DMT) qui sont principalement agonistes du récepteur sérotoninergique 5‑HT2A, 5‑MeO‑DMT agit surtout comme agoniste du 5‑HT1A, avec une activité secondaire sur 5‑HT2A. Cette différence de profil récepteur est souvent invoquée pour expliquer le moindre caractère visuel du composé et son caractère « transcendelic ».

Analyse de la suppression de l’illusion

let slider = document.getElementById('sizeSlider');
slider.oninput = function() {
  // ajuste la taille perçue jusqu'à l'égalité visuelle
  updateCircles(this.value);
};

Sous 5‑MeO‑DMT, l’auteur rapporte que le déplacement de l’attention vers le centre de l’image (l’espace entre les deux groupes de cercles) fait disparaître la différence de taille perçue. Le phénomène est fluide : en recentrant l’attention, les cercles semblent s’équilibrer comme s’ils subissaient des forces de type « ballon ». En revanche, en focalisant l’attention sur l’un ou l’autre groupe, l’illusion revient à son intensité habituelle. Cette modulation suggère que 5‑MeO‑DMT altère les processus de contextualisation visuelle, probablement en réduisant l’intégration des informations périphériques dans les aires visuelles primaires (V1) et associatives (V2/V4).

Comparaison avec les psychédéliques classiques

Une étude de 2025 intitulée « Psilocybin alters visual contextual computations » a montré que la psilocybine augmente l’illusion d’Ebbinghaus de 38 % à 5 mg et de 59 % à 10 mg par rapport à un placebo. Cette amplification est cohérente avec l’action dominante sur 5‑HT2A, récepteur lié à la modulation de la perception contextuelle. En revanche, 5‑MeO‑DMT, via son agonisme 5‑HT1A, semble diminuer la pondération des indices contextuels, d’où la quasi‑annulation de l’illusion. Le contraste entre renforcement et atténuation met en évidence le rôle différentiel des sous‑types sérotoninergiques dans la construction perceptuelle.