Présentation

Affinity, suite d’édition d’images acquise par Canva en 2024, est distribuée gratuitement et propose des outils de retouche, de vectorisation et de mise en page. Aucun binaire natif Linux n’existe ; la solution repose sur l’exécution du programme Windows sous Wine, encapsulé soit dans un AppImage, soit via un script Python automatisant l’installation de l’environnement Wine.

Méthodes d’installation

L’option la plus simple consiste à télécharger l’AppImage fourni par la communauté. L’image contient le binaire Windows, les bibliothèques Wine et un petit wrapper. Après le téléchargement, l’utilisateur peut intégrer le fichier au menu avec Gear Lever, puis lancer l’application. Cette méthode ne nécessite aucune dépendance supplémentaire, mais le lancement est lent et l’interface subit des déchirures d’écran, symptôme d’un rendu graphique non synchronisé avec le compositeur du bureau.

La méthode avancée utilise un script Python disponible sur GitHub. Elle débute par l’installation du paquet python3-pyqt6 :

sudo apt install python3-pyqt6 -y

ou, sous Fedora,

sudo dnf install python3-pyqt6 -y

Puis le script est exécuté en une ligne :

curl -sSL https://raw.githubusercontent.com/ryzendew/AffinityOnLinux/refs/heads/main/AffinityScripts/AffinityLinuxInstaller.py | python3

Le script télécharge le binaire Windows, installe Wine, résout les dépendances (≈20‑30 minutes d’installation) et configure un environnement isolé. Les tests indiquent que l’installation réussit sous Fedora et Zorin OS après une intervention manuelle sur Wine, alors qu’elle échoue sur Ubuntu 26.10, probablement à cause de versions de bibliothèques incompatibles.

Analyse des performances et des limites

Le conteneur AppImage exécute le même code Windows que le script, mais sans optimisation du cache ni réglage de Wine. Le résultat est une utilisation CPU plus élevée et des artefacts visuels, notamment le screen tearing. En revanche, le script crée un environnement Wine dédié, ce qui améliore la fluidité d’affichage et réduit le temps de réponse, au prix d’une consommation mémoire supérieure (plusieurs gigaoctets) due à la duplication des bibliothèques Windows et Linux.

Un problème récurrent, non résolu par les deux approches, est l’échec de la connexion au compte Affinity. L’application ouvre le site web d’authentification, mais le lanceur ne parvient pas à récupérer le token, bloquant l’accès aux services cloud. Cette lacune indique que le wrapper ne gère pas correctement les redirections HTTP sécurisées sous Wine.

En l’absence de version native, la viabilité d’Affinity sur Linux dépend de la stabilité de Wine et de la maintenance du script. Les mises à jour de Wine ou des bibliothèques système peuvent casser l’installation, comme le montre l’échec sous Ubuntu 26.10. Les utilisateurs doivent donc accepter un processus d’installation long, une consommation mémoire élevée et l’absence de synchronisation de compte, contre une expérience utilisateur plus proche de Photoshop que celle offerte par GIMP.