Méthodologie et indicateurs

Le rapport s’appuie sur l’AlphaGeo Climate Risk & Resilience Index (CRRI), un jeu de données propriétaire qui attribue à chaque ville deux scores : le physical risk score, exprimé en percentile global (0‑100) et reflétant l’exposition brute aux inondations, vagues de chaleur, sécheresse, feux de forêt et vents de cyclone, et le RAJ (Resilience‑adjusted Risk), qui intègre une couche d’évaluation de la capacité d’adaptation locale. Les 72 plus grandes agglomérations mondiales ont été notées sur ces deux axes, ce qui permet de calculer un « adaptation delta » : la différence entre le risque physique et le risque résiduel.

Les scores sont des moyennes agrégées au niveau de la ville ; aucune granularité de quartier n’est fournie dans le tableau principal. AlphaGeo indique que des scores à l’échelle de l’adresse sont accessibles via un essai gratuit, ce qui souligne une limitation de la visibilité spatiale pour les analystes qui souhaitent identifier des poches de vulnérabilité intra‑urbaine.

Résultats globaux et clusters

Le nuage de points du rapport montre trois agrégats distincts. Le premier regroupe des capitales européennes, africaines et latino‑américaines avec des percentiles physiques faibles (souvent <20) et des RAJ inférieurs à 14, indiquant une réduction efficace du risque grâce à des politiques d’adaptation. Le second cluster, plus dense, rassemble des villes d’Asie et du Moyen‑Orient où le risque physique varie entre 30 et 55 % et où les RAJ oscillent entre 20 et 35, traduisant des réponses d’adaptation hétérogènes. Le troisième groupe, exclusivement sud‑asiatique, présente des scores physiques élevés (ex. Dhaka = 60) et des RAJ compris entre 32 et 41, révélant une forte exposition combinée à une adaptation limitée.

Un écart notable apparaît : deux villes présentant un même score physique peuvent diverger de jusqu’à 33 points de RAJ, ce qui confirme que la géographie n’est pas le seul déterminant du risque résiduel.

Villes les plus résilientes

Chicago obtient le RAJ le plus bas (8), grâce à une exposition côtière minimale et à des infrastructures urbaines robustes. En Europe, Barcelona (11), Paris (12) et Londres (15) affichent des RAJ similaires, le résultat d’une combinaison de climat tempéré et de décennies d’investissements dans les digues, les plans de chaleur et les cadres de résilience urbaine. En Afrique, Addis‑Ababa (10) et Nairobi (13) bénéficient d’une altitude favorable qui réduit les risques d’inondation et de chaleur, tout en maintenant des programmes d’adaptation modérés. En Amérique latine, Buenos Aires (12) et Rio de Janeiro (14) profitent d’une exposition physique modérée et d’une capacité d’adaptation qui se traduit par des RAJ inférieurs à 15.

Villes les moins résilientes et limites d’interprétation

Le groupe sud‑asiatique détient les RAJ les plus élevés : Ahmedabad et Hyderabad (Pakistan) atteignent 41, Multan 38, Dhaka 36, Kolkata 35 et Lahore 35. Dhaka, avec un risque physique de 60, montre le plus grand delta d’adaptation (24 points) mais conserve un RAJ de 36, ce qui place la ville parmi les plus exposées du panel. Ces scores suggèrent des pressions combinées de chaleur extrême et de capacités d’adaptation insuffisantes, un facteur de risque pour les investisseurs immobiliers et les opérateurs d’infrastructure.

Le rapport souligne toutefois que les scores agrégés masquent des disparités intra‑urbaines. Sans données de granularité fine, les décideurs risquent de sous‑estimer des zones critiques au sein même des villes classées comme résilientes. La disponibilité d’un accès adresse‑niveau via la plateforme AlphaGeo constitue une piste d’amélioration pour affiner les stratégies d’atténuation.