Annonce d’Amazon

Le 2 octobre 2026, Amazon Web Services a déclaré qu’il investirait plus d’un milliard de dollars sur cinq ans dans les collectivités situées à proximité de ses data centers. Le communiqué, signé par le PDG AWS Matt Garman, précise que les fonds seront distribués selon les priorités locales, notamment l’éducation, la formation professionnelle, l’accessibilité énergétique, la gestion de l’eau et la préservation énergétique.

Parallèlement, Amazon a réaffirmé son objectif d’être « water positive » d’ici 2030, en indiquant que 75 % des projets liés à l’eau avaient déjà atteint cet indicateur. L’entreprise a également promis que ses installations ne feraient pas augmenter les factures d’électricité des habitants et ne compromettraient pas les approvisionnements en eau locaux.

Enjeux environnementaux

Stand.Earth, ONG environnementale, a souligné que le plan d’Amazon ne mentionne pas la construction d’une centrale électrique à Pecos, Texas, qui, selon les experts, deviendra la plus grande source d’émissions climatiques aux États-Unis. La centrale devrait générer environ 33 millions de tonnes de polluants atmosphériques chaque année, soit l’équivalent de la consommation énergétique de plus de 1,9 million de foyers.

Amazon affirme que les générateurs de secours de ses data centers fonctionnent en moyenne « environ 10 heures par an », mais Stand.Earth cite des cas où les installations ont fonctionné pendant plusieurs jours consécutifs avec du diesel, augmentant ainsi les émissions locales de particules et de NOx.

Réactions des organisations

Stand.Earth qualifie la promesse d’un milliard de dollars de « tentative de contrôle des dégâts » face aux blocages de projets de data centers à l’échelle nationale. L’ONG accuse Amazon de diffuser de la « propagande corporative » en minimisant les impacts réels sur l’air et l’eau, tout en insistant sur la nécessité d’un moratoire sur les nouveaux data centers pour éviter une course technologique avec la Chine.

Le même communiqué signale la fin de l’usage des accords de confidentialité (NDA) lors de la construction de nouveaux sites, un geste qui pourrait améliorer la transparence. Cependant, Stand.Earth rappelle que les engagements d’Amazon ne traitent pas le risque de contamination par des produits chimiques persistants liés aux nouvelles technologies de refroidissement, ni le volume d’eau consommé par les infrastructures énergétiques qui alimentent les data centers.

Analyse de l’impact économique

Le montant annoncé représente environ 0,45 % des 220 milliards de dollars que Amazon prévoit d’investir dans ses data centers en 2026. Cette proportion souligne le déséquilibre entre les dépenses d’infrastructure et les contributions aux communautés locales.

Si les fonds alloués permettent de financer des programmes éducatifs ou de réduire les factures d’énergie, ils restent largement insuffisants pour compenser les externalités environnementales générées par la construction d’une centrale polluante et l’usage intensif de générateurs diesel. La pression réglementaire et la méfiance des populations pourraient pousser Amazon à réviser ses engagements ou à adopter des solutions énergétiques moins carbonées.