Contexte et enjeux
Le fleuve Colorado, qui alimente 40 millions de personnes sur sept États américains et deux régions mexicaines, subit une sécheresse sans précédent depuis 26 ans. Le Bureau of Reclamation a imposé des réductions d’eau sévères à l’Arizona, au Nevada et à la Californie. Dans ce cadre, les data centers, notamment ceux dédiés à l’IA, sont pointés du doigt pour leur consommation d’eau, estimée entre 312,5 et 764,6 milliards de litres en 2025 selon une étude sectorielle.
Initiatives et financement
Amazon a annoncé le « Colorado River Basin Collaborative », un fonds de 100 millions de dollars sur deux ans dont 20 millions proviennent de l’entreprise. Le même jour, la société a engagé 2,2 millions de dollars à Orange County, Californie, pour détecter et colmater les fuites, objectif déclaré de 189 millions de gallons d’économie annuelle. Ces engagements s’inscrivent dans la stratégie « water‑positive » d’Amazon, qui vise à restituer plus d’eau qu’elle n’en consomme d’ici la fin de la décennie.
Analyse des indicateurs de consommation d’eau
Amazon a publié que ses data centers ont utilisé 2,5 milliards de gallons d’eau au niveau mondial en 2025, incluant les sites en propriété, en location ou en partage. La consommation a baissé de 2 % par rapport à 2024, grâce à une amélioration de 52 % de l’efficacité hydraulique depuis 2021. L’entreprise cite 0,12 litre d’eau par kilowatt‑heure d’électricité, soit environ sept fois plus efficace que la moyenne du secteur. Cette mesure d’efficacité, exprimée en l/kWh, masque toutefois le volume total d’eau prélevé, car le rapport ne détaille pas la consommation cumulée depuis 2021.
Limites et perspectives
Les experts soulignent que l’efficacité seule ne suffit pas à évaluer l’impact environnemental. Le paradoxe de Jevons indique que des gains d’efficacité peuvent encourager une utilisation accrue, augmentant ainsi la demande globale. Sans données agrégées sur la consommation totale d’eau d’Amazon, il reste difficile de comparer avec les pratiques de Microsoft ou Google, qui publient leurs volumes globaux depuis 2020 ou 2021. Le suivi des pics de demande et la transparence sur les sites spécifiques restent donc des points critiques pour mesurer réellement la contribution d’Amazon à la préservation du bassin du Colorado.