Contexte juridique

Le 31 août 2026, la Federal Trade Commission (FTC) et 22 procureurs généraux d’États ont intenté une action collective contre Amazon.com, Inc. pour « surfacturation secrète » de ses annonceurs depuis 2019. Le dossier indique que plus d’un million deux cent mille clients publicitaires auraient été facturés au moyen d’enchères manipulées, générant un préjudice estimé à plus de 20 milliards de dollars. La plainte, déposée au US District Court for the Western District of Washington, s’appuie sur des documents internes et des messages internes qualifiés de « surcharges cachées ».

Mécanisme d’enchères publicitaires

Amazon utilise un système d’enchères automatisées pour déterminer le coût des publicités Sponsored Products, Sponsored Brands et Sponsored Display. En théorie, chaque annonceur soumet une offre maximale ; le système compare les offres et attribue la place la plus élevée au plus offrant, tout en appliquant le prix du second plus haut enchérisseur (modèle Vickrey). Selon les documents internes, Amazon aurait remplacé le résultat de cette comparaison par un prix supérieur, imposant ainsi un « surcharge cachée » à chaque clic. Cette substitution nécessite un accès privilégié aux serveurs d’enchères et la capacité de réécrire les valeurs de sortie avant qu’elles ne soient communiquées aux annonceurs.

Analyse de l’impact financier

Avec 1,2 million d’annonceurs actifs, même une majoration moyenne de 0,5 % par clic se traduit rapidement en dizaines de milliards de dollars. Le calcul présenté par la FTC repose sur le volume total de clics enregistrés depuis 2019, multiplié par le différentiel moyen entre le prix d’enchère réel et le prix facturé. Le chiffre de 20 milliards de dollars reflète donc une agrégation de milliards de micro‑transactions, chacune masquée par l’absence de transparence dans le processus d’enchère. Cette pratique, si elle est confirmée, constitue une violation du principe de concurrence loyale imposé par la loi antitrust américaine.

Limites de l’enquête

La plainte ne fournit pas de données chiffrées détaillées sur le nombre exact de clics affectés ni sur la répartition des surcharges par type de campagne. De plus, les documents internes présentés ne précisent pas les algorithmes exacts modifiés, ce qui complique l’évaluation de la portée technique du détournement. L’enquête, lancée en 2024, devra donc corroborer les allégations avec des logs d’audit et des analyses de code pour déterminer si le comportement était systématique ou ponctuel. Sans ces éléments, l’estimation de 20 milliards reste une approximation basée sur des moyennes et des hypothèses de volume.