Présentation
L’article se concentre sur le chipset original de l’Amiga (OCS), ses successeurs ECS et AGA. Malgré les améliorations apportées par l’ECS et l’AGA, le principe de « screen » – zone d’affichage manipulable par le système d’exploitation – reste identique. Un screen correspond à une surface mémoire où le processeur graphique écrit les pixels avant que le raster ne les transmette à l’écran.
Résolutions et profondeur de couleur
Sur les modèles OCS/ECS, la résolution maximale dépend du standard vidéo. En mode PAL, le mode basse résolution (low‑res) atteint 320 × 256 px (ou 320 × 512 px en interlace) avec jusqu’à 32 couleurs (5 bitplanes). Le mode haute résolution (high‑res) propose 640 × 256 px (640 × 512 px en interlace) mais ne peut afficher que 16 couleurs (4 bitplanes). Un léger dépassement, appelé overscan, porte la haute résolution à 724 × 283 px, bien que la visibilité varie selon le moniteur. L’AGA étend la palette à 24 bits et autorise 8 bitplanes, soit 256 couleurs simultanées.
Architecture plane et gestion de la mémoire
L’Amiga utilise des palettes indexées tirées d’un espace couleur de 12 bits (4096 teintes) sur OCS/ECS, et de 24 bits sur AGA. Chaque pixel est décrit par un indice qui pointe vers un registre couleur. La profondeur de couleur s’obtient en empilant des bitplanes : chaque plan stocke un bit par pixel dans une zone mémoire distincte. Ainsi, 1 bitplane → 2 indices, 2 bitplanes → 4 indices, …, 5 bitplanes → 32 indices. Le sixième plan peut activer le mode HAM (Hold‑And‑Modify), permettant d’utiliser les 4096 couleurs en modifiant les composantes d’un pixel déjà affiché, ou le mode EHB (Extra Half‑Brite) qui duplique les 32 couleurs en versions à moitié luminosité. Cette organisation plane minimise la consommation mémoire : un pixel occupe exactement le nombre de bits requis, contrairement à un octet complet par pixel que l’on trouve sur d’autres plateformes de l’époque.
Mécanismes matériels et performances
Le co‑processeur « copper » synchronise les changements de résolution, de profondeur de couleur et de palette avec le raster, ce qui rend possible le basculement instantané d’un screen à l’autre. La repositionnement d’un screen se fait en un cycle d’instruction, et le scrolling complet d’une surface est exécuté sans intervention du CPU, grâce à des registres dédiés. Le système d’exploitation préemptif de l’Amiga exploite cette frugalité : un éditeur texte peut tourner sur un screen 2‑couleurs tandis qu’une application graphique utilise simultanément un screen 32‑couleurs, chaque screen consommant uniquement les bitplanes nécessaires. La capacité à empiler plusieurs screens, même de résolutions et profondeurs différentes, repose sur le copper qui alterne les paramètres vidéo à chaque ligne de raster, assurant une expérience visuelle homogène malgré la complexité sous‑jacente.