Contexte juridique

Une plainte collective élargie a été déposée en juillet 2024 contre Anthropic, le développeur du modèle Claude. Les avocates Monica Vaca et Kati Daffan, toutes deux anciennes de la FTC, invoquent la législation sur la publicité mensongère pour contester les limites du plan Max, proposé à 100 $ ou 200 $ par mois. La plainte a d’abord été retirée, puis re‑déposée avec un groupe élargi d’abonnés, afin de renforcer la portée judiciaire.

Mécanique du plan Max

Le plan Max se positionne comme une mise à niveau du forfait Pro à 20 $ mensuels. Deux options existent : 100 $ pour « 5× » la capacité d’usage du Pro, et 200 $ pour « 20× ». La publicité indique ces multiplicateurs sans préciser que l’augmentation s’applique uniquement à des créneaux de cinq heures, soumis à une enveloppe hebdomadaire. En pratique, chaque session de cinq heures consomme une part du quota hebdomadaire, ce qui réduit le gain effectif par rapport à l’attente d’un facteur constant de 5 ou 20.

Les utilisateurs doivent cliquer sur deux hyperliens distincts pour accéder à la définition du terme « session », puis consulter la page du plan Pro pour en saisir la portée. Cette chaîne de navigation rend la condition de limitation difficilement visible lors de l’achat, comme l’a souligné Vaca : « il faut chercher dans le noir ».

Analyse de la transparence contractuelle

Anthropic soutient, dans une motion de rejet, que les informations sont accessibles via les hyperliens et que le consommateur peut les lire comme l’étiquette au dos d’un produit. Cette analogie ignore la différence entre un texte statique et une navigation web dynamique, où les liens peuvent être masqués ou présentés sous forme de texte de petite taille. Le recours à une fenêtre de cinq heures, combinée à une limite hebdomadaire, crée une fonction de capacité non linéaire : le facteur de 5× ou 20× ne s’applique que tant que le quota hebdomadaire n’est pas épuisé, ce qui n’est pas indiqué clairement sur la page tarifaire.

Le manque de visibilité se traduit par des retours d’utilisateurs sur Reddit, qui comparent le système à un réservoir d’essence agrandi mais alimenté par une pompe limitée à un gallon toutes les cinq heures. Cette analogie montre que le gain perçu (plus de capacité) est contrecarré par une contrainte temporelle non annoncée.

Implications pour le marché de l’IA

Le différend intervient alors que les grands modèles de langage, dont Claude, voient leurs coûts d’exploitation augmenter. Anthropic a introduit le plan Max en avril 2025, puis a ajouté les limites hebdomadaires en août, dans le but de concurrencer OpenAI. La stratégie tarifaire, qui combine un prix élevé et une capacité restreinte, pourrait inciter d’autres fournisseurs à clarifier leurs métriques d’usage afin d’éviter des litiges similaires.

Si la cour accepte la thèse de la FTC, les fournisseurs d’IA devront reformuler leurs pages de tarification pour expliciter les unités de mesure (sessions, fenêtres temporelles, quotas hebdomadaires). Cette exigence renforcerait la traçabilité des coûts pour les entreprises qui dépendent de l’IA, tout en limitant les risques de perception trompeuse chez les utilisateurs professionnels.