Contexte juridique

Apple a déposé une requête de « discovery accéléré » dans le cadre d’un procès contre OpenAI, alléguant que le fabricant d’IA aurait volontairement détruit des éléments probants. La plainte, rendue publique par Bloomberg, repose sur le fait que OpenAI n’a remis le MacBook d’un ancien employé qu’au 21 août, alors que la procédure judiciaire était ouverte depuis juillet.

Le litige porte sur trois anciens salariés d’Apple, dont Chang Liu, qui aurait conservé un ordinateur portable appartenant à Apple après son départ. Apple soutient que cet appareil contenait une schématique de circuit confidentielle, ainsi que des accès à un stockage cloud tiers d’Apple, informations jugées essentielles pour prouver le vol de secrets industriels.

Gestion du MacBook et données forensiques

Selon le dossier d’Apple, le MacBook a été inspecté après sa remise et les enquêteurs auraient découvert que Liu avait non seulement téléchargé la schématique, mais l’avait également utilisée dans son travail chez OpenAI. Des messages internes auraient révélé que Liu prévoyait de « restaurer » puis de « réutiliser » les appareils Apple dès qu’il a été informé de l’enquête interne en juin.

Apple souligne que les artefacts forensiques – logs, métadonnées et enregistrements d’usage – sont intrinsèquement transitoires. Leur persistance dépend de la rapidité avec laquelle ils sont collectés, car ils peuvent être écrasés ou supprimés par des actions normales du système d’exploitation ou par des procédures de nettoyage de données.

Analyse des risques de destruction de preuves

Le retard de remise du MacBook augmente la probabilité de perte de données critiques. Chaque jour supplémentaire permet aux processus de rotation des logs ou aux mises à jour du système d’effacer les traces d’accès. De plus, la manipulation du disque sans chaîne de custody stricte peut introduire des altérations non détectées, compromettant la valeur probante des fichiers récupérés.

Apple invoque également le risque que Liu ait continué à accéder au stockage cloud d’Apple via des identifiants persistants, ce qui aurait pu générer de nouvelles copies de données sensibles après le début de l’enquête. La combinaison d’un accès prolongé et d’une collecte tardive rend l’évaluation de l’étendue du vol difficile et augmente la charge de travail des experts en réponse aux incidents.

Réponses d’OpenAI et limites de l’enquête

OpenAI a contesté les allégations, qualifiant le différend de « mess de la part d’Apple ». La société affirme que le processus de sortie des employés d’Apple est lui-même défaillant, insinuant que les accusations de destruction de preuves pourraient découler d’une mauvaise gestion interne d’Apple. OpenAI nie toute utilisation illicite des informations, affirmant qu’aucune preuve ne montre que Liu aurait accédé aux données Apple de façon inappropriée ou à des fins malveillantes.

Le manque de transparence sur les méthodes d’inspection du MacBook et sur les journaux de cloud rend difficile une évaluation indépendante. Sans accès aux artefacts originaux ou à un audit tiers, les parties restent sur des interprétations divergentes, ce qui prolonge l’incertitude quant à l’étendue réelle du préjudice subi par Apple.