Bilan environnemental sous Tim Cook
Apple a publié un rapport indiquant 15,3 millions de tonnes métriques de CO₂ émises en 2025, soit l’équivalent de la production annuelle de 40 centrales à gaz. Depuis 2020, la société s’est fixée l’objectif de réduire ses émissions de 75 % d’ici la fin de la décennie par rapport à 2015. À ce jour, la réduction atteinte est de 60 %, avec une stabilisation des émissions en 2024 malgré une croissance du chiffre d’affaires.
Le dirigeant a insisté sur la compatibilité entre croissance économique et énergie propre, déclarant que les investissements renouvelables devaient « penciler » les résultats pour être reproductibles par d’autres acteurs. Cette approche a permis à Apple d’obtenir, en 2025, une note B+ de Greenpeace East Asia pour son approvisionnement en énergie renouvelable, et d’être le seul grand fabricant à viser 100 % d’électricité renouvelable chez ses fournisseurs, selon un rapport Stand.earth de 2023.
Mécanismes et limites des engagements d'Apple
Les engagements reposent sur des exigences contractuelles imposées aux fournisseurs, notamment la transition vers des sources d’énergie verte. Toutefois, Apple a cessé d’obliger ses partenaires à publier leurs émissions de gaz à effet de serre, ce qui complique la vérification indépendante des déclarations de neutralité carbone. Le manque de transparence a été souligné par l’Institut public et des affaires environnementales, qui a critiqué l’absence de données sur la consommation totale d’électricité des fournisseurs.
En 2023, Apple a commercialisé des combinaisons de boîtiers et de bracelets pour l’Apple Watch comme « neutres en carbone ». Un recours collectif accusant l’entreprise de publicité mensongère a été rejeté par un tribunal californien, mais la décision n’a pas éliminé les doutes soulevés par les groupes environnementaux. De plus, des allégations persistantes de travail forcé et de minerais de conflit dans la chaîne d’approvisionnement restent non résolues, ajoutant une couche de risque réputationnel.
Pression de l'IA sur la trajectoire carbone d’Apple
Le développement de l’intelligence artificielle générative impose des besoins énergétiques croissants pour les centres de données et la fabrication de puces avancées. Chez ses concurrents, Google et Microsoft, les émissions de GES ont augmenté parallèlement à l’expansion de leurs services IA. Apple, dont la production de puces se concentre à Taïwan et en Corée du Sud, fait face à une offre limitée d’énergie renouvelable dans ces régions, ce qui pourrait contraindre la capacité à absorber la charge supplémentaire sans dépasser les objectifs de réduction absolue.
Pour que la trajectoire carbone d’Apple reste conforme aux engagements de Cook, il faudra combiner trois leviers : réduction absolue des émissions grâce à l’efficacité des produits, investissement direct dans de nouvelles capacités renouvelables dans les zones de production, et allongement de la durée de vie des appareils afin de diminuer l’intensité carbone par unité fonctionnelle. Sans ces ajustements, la croissance de l’IA risque de neutraliser les gains obtenus sous la direction de Tim Cook.