Contexte juridique
Un procès antitrust initié en 2022 accuse Apple de monopoliser le marché des portefeuilles mobiles en bloquant l'accès au composant NFC de l'iPhone. Le juge fédéral Jeffrey White a certifié une classe incluant tout établissement américain ayant émis une carte compatible Apple Pay et ayant payé les frais associés. Cette décision autorise banques et coopératives de crédit à se regrouper pour poursuivre Apple, tout en rejetant la demande d'Apple visant à exclure les témoignages d'experts qui, selon les plaignants, démontrent un pouvoir de monopole.
Mécanisme des frais Apple Pay
Le dossier indique que chaque transaction réalisée via Apple Pay entraîne un prélèvement de 0,15 % du montant pour les cartes de crédit et de 0,005 $ (un demi‑cent) pour les cartes de débit. Ainsi, un achat de 1 000 $ génère 1,50 $ de revenu pour Apple. Le cabinet de plainte estime que ces frais cumulés représentent jusqu'à 1 milliard $ de revenus annuels, chiffre qui provient directement des paiements effectués par les émetteurs de cartes.
Modification de l'accès NFC avec iOS 18.1
En réponse aux pressions judiciaires, Apple a élargi, dès iOS 18.1, l'accès au module NFC aux développeurs d'applications dans plusieurs juridictions : États‑Unis, Canada, Australie, Brésil, Japon, Nouvelle‑Zélande, Royaume‑Uni, Espace économique européen, entre autres. Cette évolution technique permet à des tiers d'implémenter des paiements sans contact dans leurs propres applications, contournant partiellement la restriction précédente qui réservait l'usage du NFC exclusivement à Apple Pay.
Implications pour le marché des portefeuilles mobiles
Le modèle d'Apple contraste fortement avec Android, où le système d'exploitation autorise nativement plusieurs portefeuilles et ne prélève aucun frais aux émetteurs pour les paiements sans contact. La capacité d'Apple à imposer des frais dépend de son contrôle exclusif du NFC ; si d'autres solutions pouvaient exploiter le même composant, la pression concurrentielle obligerait Apple à réduire ou à supprimer les frais. L'ouverture partielle du NFC sous iOS 18.1 crée néanmoins un cadre technique où les développeurs peuvent tester des alternatives, mais la portée géographique et les exigences de conformité d'Apple restent des obstacles majeurs. En pratique, les banques devront évaluer le coût d'une éventuelle migration vers des solutions tierces contre le risque de perdre l'accès à la base d'utilisateurs iOS, qui représente une part significative du marché des paiements numériques.