Contexte et objectifs
Arcjet Labs Inc. a présenté agent runtime security, une solution destinée à surveiller et contrôler les actions des agents d’intelligence artificielle lorsqu’ils sont déployés dans des environnements de production. Le besoin apparaît alors que les agents dépassent les simples interfaces de chat pour écrire dans des bases de données, répondre à des tickets ou même déclencher des remboursements. Selon le fondateur David Mytton, une chaîne de décisions apparemment légitime peut aboutir à un résultat risqué, d’où la nécessité d’un contrôle « à vitesse machine ».
Architecture et intégration
La solution s’appuie sur les pipelines OpenTelemetry déjà présents dans les infrastructures cloud. Aucun changement de code n’est requis : les traces d’exécution des agents sont simplement redirigées vers Arcjet. Les clients Claude bénéficient d’une seconde voie via l’Anthropic Compliance API. Une fois ingestées, les traces sont agrégées dans un inventaire où chaque agent apparaît avec ses prompts, paramètres d’appels d’outils et décisions de sécurité. Arcjet propose des intégrations natives avec les SDK Claude Agent, OpenAI Agents, LangChain, Mastra et le Microsoft Agent Framework, couvrant ainsi les principaux écosystèmes de développement d’agents.
Mécanismes de contrôle et politiques
Les politiques de sécurité sont exécutées par Open Policy Agent (OPA). Elles peuvent être modifiées à chaud, sans redéploiement, ce qui permet, par exemple, de plafonner le montant monétaire d’un remboursement automatisé. Chaque action proposée par un agent subit une première évaluation : si la politique renvoie « refuse », l’application peut interrompre l’appel, demander une approbation humaine ou renvoyer une explication à l’agent. Une seconde vérification post‑exécution confirme le résultat avant que le workflow ne progresse. Parmi les contrôles disponibles figurent la détection d’injection de prompts, la redaction de données personnelles, la limitation de débit et la détection de bots. Certaines fonctions, comme la détection de données sensibles, s’exécutent entièrement dans le processus client, garantissant que les informations ne quittent jamais le périmètre de sécurité.
Déploiement, adoption et perspectives
Arcjet a publié ses SDK Python et Go en version 1.0, tandis que les SDK JavaScript/TypeScript, disponibles depuis février, supportent plus de quinze frameworks, dont Next.js. Un « guard interface » étend la couverture aux jobs en arrière‑plan et aux processus qui n’interagissent jamais avec une requête web. L’entreprise affirme que plus de 500 applications en production utilisent déjà sa technologie, trois ans après sa création. Les journaux d’audit peuvent être conservés dans le cloud d’Arcjet, dans une instance à locataire unique, dans un cloud privé ou dans le stockage du client, offrant une flexibilité de conformité. Financée par un tour de table de 8,3 M$ mené par Plural, avec le soutien d’Andreessen Horowitz, Seedcamp et l’ancien CTO de Twilio, Arcjet se positionne comme un acteur clé de la sécurisation des agents IA à l’échelle industrielle.