Contexte et objectifs
AstroForge, startup fondée en 2022 et soutenue par 56 millions de dollars de financement, développe des technologies de minage d’astéroïdes. Après deux prototypes, dont le vaisseau Odin lancé en 2025 qui a perdu tout contact en raison de la rareté des antennes terrestres capables de communiquer à des centaines de milliers de kilomètres, la société a choisi d’intégrer l’intelligence artificielle directement à bord. L’objectif déclaré est de réduire la dépendance à un réseau au sol estimé à 200 millions de dollars pour cinq stations, en confiant la résolution d’anomalies à un modèle embarqué.
Architecture du système Solo
Le contrôleur autonome, nommé « Solo », repose sur un modèle de type transformeur développé en interne. Il combine trois niveaux : des algorithmes de contrôle classiques, des modèles spécialisés entraînés sur des jeux de données de sous‑systèmes (production d’énergie, navigation) et une couche d’intelligence globale alimentée par environ 2 500 capteurs répartis dans le vaisseau. Cette hiérarchie permet à Solo de recevoir des mesures brutes, de les interpréter et de générer des actions correctives sans intervention humaine. Le modèle a été entraîné sur des scénarios de panne simulés, incluant la perte de suivi de position et les dysfonctionnements du star tracker, afin d’apprendre à réactiver ou désactiver les composants concernés.
Défis techniques et limites
La mise en œuvre d’une IA dans un environnement spatial soulève plusieurs contraintes. Premièrement, la fiabilité des réseaux de neurones en orbite reste un sujet de préoccupation ; la plupart des missions utilisent encore des algorithmes déterministes, car les réseaux peuvent produire des sorties imprévisibles sous conditions extrêmes. Deuxièmement, la bande passante disponible pour la mise à jour du modèle est quasi nulle, d’où la décision de ne pas équiper la mission Autonomy‑1 de radios capables de recevoir depuis la Terre. Enfin, le volume de données d’entraînement (2 500 capteurs) reste limité comparé aux jeux de données massifs utilisés dans les laboratoires de recherche, ce qui peut restreindre la capacité du modèle à généraliser à des anomalies inédites.
Perspectives de déploiement
Le premier vol prévu pour 2027 utilisera le lanceur de Stoke Space, soutenu par la NASA, et visera à collecter des données scientifiques sur le Soleil. Avant cela, le vaisseau DeepSpace‑2, programmé pour un lancement avec la troisième mission lunaire d’Intuitive Machines à la fin de 2026, embarquera Solo en « shadow mode ». Cette phase permettra aux ingénieurs d’observer le comportement du modèle en conditions réelles sans confier le contrôle complet. Si les tests confirment la capacité de Solo à gérer les anomalies, la société envisage d’étendre l’approche à d’autres missions de minage ou de reconnaissance, tout en continuant à intégrer des algorithmes traditionnels comme garde‑fou.