Contexte et déroulement

La semaine dernière, le conseil d'administration d'Automattic a voté pour placer le fondateur et PDG Matt Mullenweg en congé payé, déclenchant une crise interne. Après 33 heures et 20 minutes d'absence, Mullenweg a annoncé son retour via Slack, affirmant reprendre le contrôle de l’entreprise. Les sources confirment que le conseil a été entièrement renouvelé : Toni Schneider a démissionné, Sue Decker a quitté ses fonctions, et la générale Ann Dunwoody a été révoquée. Le directeur juridique Andy Missan et le directeur financier Mark Davies ont également quitté leurs postes, le CFO étant désigné comme CEO intérimaire avant d’être remplacé.

Structure du nouveau conseil

Le nouveau conseil, bien que non détaillé publiquement, ne comprend plus les membres qui ont initié la mise en congé. Cette recomposition implique que les décisions futures seront prises sans l’opposition des administrateurs précédents, ce qui, selon les déclarations d’Automattic, garantit le « plein soutien du conseil » à Mullenweg. L’absence de communication officielle sur les remplacements laisse toutefois une zone d’ombre sur la gouvernance à moyen terme.

Implications pour le litige WP Engine

Le différend juridique entre Automattic et WP Engine, centré sur la violation de la marque WordPress et le financement du projet open source, précède la crise du conseil. La décision du conseil de mettre Mullenweg en congé a eu lieu alors que les deux parties s’accusaient mutuellement de destruction de preuves via des applications de messagerie (WhatsApp, Signal, Telegram). Le retrait du CFO et du directeur juridique pourrait affecter la stratégie de défense d’Automattic, notamment la gestion des preuves électroniques et la négociation de frais de redevance que WP Engine prétendait être ciblés contre ses concurrents.

Analyse des risques de gouvernance

Le scénario expose plusieurs vulnérabilités : premièrement, la concentration du pouvoir décisionnel entre le PDG et un conseil réduit augmente le risque de décisions unilatérales, notamment en matière de litiges. Deuxièmement, le turnover rapide des cadres clés (CLO, CFO) peut compromettre la continuité des politiques de conformité et de gestion des risques, surtout dans un environnement où les accusations de suppression de preuves sont déjà avancées. Enfin, la communication interne via Slack, bien que rapide, soulève des questions de traçabilité et de conservation des archives, essentielles en cas de procédure judiciaire. Automattic devra renforcer ses protocoles de gouvernance et de documentation pour atténuer ces risques et restaurer la confiance des parties prenantes.