Contexte et motivation

Depuis le reportage de 404 Media sur l’usage de Flock ALPR pour des recherches liées à l’ICE et à des avortements, plusieurs municipalités américaines ont abandonné les caméras Flock au profit des systèmes d’Automatic License Plate Reader (ALPR) d’Axon, géant du contrat police. 404 Media a ainsi reçu des rapports d’activité de six services (Benton County WA, Falmouth ME, Johns Creek GA, Ocean Shores WA, Pleasanton TX, Red Wing MN). Ces documents détaillent chaque recherche de plaque, l’identité de l’agent, son matricule et le motif déclaré, offrant une visibilité rare sur les pratiques de surveillance locale.

Fonctionnement des rapports ALPR d’Axon

Axon propose quatre types de rapports accessibles via le menu LPR > ALPR Search > LPR Audit (voir documentation officielle) : l’Internal ALPR Activity report, le Network ALPR Activity report, le ALPR Data Sharing report et le ALPR Hotlist Management Audit report. Chaque rapport couvre la période du 1 janvier 2025 à la date de la demande et consigne les champs suivants : date/heure de la requête, plaque recherchée, nom et badge de l’agent, et raison invoquée. Le rapport de partage indique les agences tierces autorisées à recevoir les relevés, tandis que le rapport Hotlist décrit les alertes configurées (ex. plaques recherchées, véhicules volés). Le format d’exportation est généralement un CSV ou PDF, facilitant l’analyse automatisée par des journalistes ou des chercheurs.

To Whom It May Concern:

Pursuant to the [YOUR STATE’S PUBLIC RECORDS LAW], I hereby request the following records:
1. Internal ALPR Activity report in Axon (Jan 1 2025 – present).
2. Network ALPR Activity report in Axon (Jan 1 2025 – present).
3. ALPR Data Sharing report in Axon (Jan 1 2025 – present).
4. ALPR Hotlist Management Audit report in Axon (Jan 1 2025 – present).

Please provide the documents electronically.

Sincerely,
[YOUR NAME]

Analyse des risques de confidentialité et limites

Les rapports montrent que chaque recherche est horodatée et associée à un agent, ce qui crée un audit trail détaillé. Cependant, la divulgation publique de ces logs expose la capacité des services à interroger la base de données en masse, soulevant des questions de proportionnalité et de potentiel d’abus. Le Network ALPR Activity report révèle les flux de données entre juridictions ; si des agences non locales reçoivent les relevés, la portée géographique de la surveillance s’étend sans contrôle centralisé. Le Data Sharing report indique que certaines villes partagent leurs relevés avec des entités fédérales, rappelant les précédents Flock où des recherches ICE ont été identifiées. Enfin, le Hotlist Management Audit montre la dynamique des listes d’alerte, qui peuvent être modifiées à la volée, augmentant le risque d’erreurs ou de ciblage discriminatoire. 404 Media souligne que les demandes de documents sont limitées aux périodes post‑2025, laissant un vide d’information sur les pratiques antérieures. En l’absence de législation fédérale contraignante sur les ALPR, la transparence dépend entièrement des lois d’accès à l’information des États, ce qui crée une hétérogénéité des réponses et des frais potentiels pour les citoyens.