Contexte de la course
Lors du Grand Prix de Bahreïn 2024, plusieurs pilotes ont signalé une perte soudaine de puissance alors que les voitures étaient en pleine séance de qualification. L’incident s’est produit alors que les équipes utilisaient la version 2024.1 du logiciel de gestion du groupe motopropulseur (Power Unit Control Software), déployée par le fabricant d’électronique embarquée pour la saison.
Nature du dysfonctionnement logiciel
Le problème a été identifié comme une anomalie du module de cartographie de couple, responsable de la traduction des consignes du pilote en couple moteur. Une mise à jour du firmware, prévue pour optimiser la récupération d’énergie sous le nouveau règlement, contenait une condition de dépassement de seuil qui, lorsqu’activée, forçait le système à couper le débit de carburant et à désactiver le turbo, ramenant le couple à zéro. Le déclenchement s’est produit sans intervention du pilote, ce qui a conduit à l’affichage du message « POWER‑LESS » sur le tableau de bord.
Impacts sur les performances et réponses des équipes
La perte de couple a limité la vitesse maximale des voitures à environ 150 km/h, contre plus de 340 km/h en condition normale, rendant impossible la poursuite d’un tour rapide. Les équipes ont immédiatement basculé les voitures en mode manuel, contournant le module défectueux, mais la récupération du plein régime a nécessité plusieurs secondes, suffisantes pour compromettre les temps au tour. Aucun incident de sécurité n’a été enregistré, mais le retard a affecté la position de départ de plusieurs pilotes, notamment ceux des écuries Mercedes et Red Bull.
Perspectives et mesures correctives
Le fournisseur du logiciel a publié un correctif d’urgence, retirant la condition de dépassement de seuil et rétablissant la cartographie standard. Les équipes ont été invitées à installer la version 2024.1‑B avant la prochaine séance d’essais libres. Le FIA a rappelé l’importance de procédures de validation renforcées pour les mises à jour logicielles, notamment des tests en boucle fermée sur banc d’essai avant déploiement en course. Cette incident souligne la dépendance croissante des monoplaces à des systèmes logiciels complexes et la nécessité d’une gouvernance rigoureuse du cycle de vie du firmware.