Présentation
Baselayer, officiellement Osiris Ratings Inc., a annoncé une levée de 35 millions de dollars en série A. Fondée en 2024 par Jonathan Awad et Timothy Hyde, la startup compte déjà plus de 2 300 institutions financières, dont un établissement sur cinq des banques américaines. Son historique montre plus de 10 millions de demandes d’identité vérifiées et la prévention de plus d’un milliard de dollars de fraudes, avant même d’étendre son offre aux agents d’intelligence artificielle.
Contexte technique
Le agentic economy se développe rapidement : Stripe indique que plus de 70 % des requêtes API proviennent aujourd’hui d’agents IA. Ces agents effectuent des paiements, ouvrent des comptes et achètent des biens sans intervention humaine. Les rails financiers traditionnels, conçus pour identifier des personnes physiques ou des entreprises, ne disposent d’aucun mécanisme pour authentifier un logiciel autonome. Cette lacune crée un risque de fraude et d’abus, car les banques et les marchands ne peuvent pas déterminer qui contrôle l’agent ni quelles sont ses autorisations.
Architecture de la solution
Baselayer propose l’Agentic Identity Suite, fondée sur le principe « Know Your Agent ». La suite utilise une traçabilité cryptographique qui lie chaque action d’un agent à la plateforme d’origine et à l’entreprise qui l’a autorisé. Cette chaîne d’audit repose sur des signatures numériques et des identifiants immuables, éliminant le besoin de mots de passe sensibles. Deux composants clés renforcent la véracité des décisions : le Model Context Protocol server et l’outil Agentic Search, qui extraient des données vérifiées auprès d’autorités publiques (Inland Revenue, Secretary of State) afin de contraindre les modèles IA à des faits réels et d’éviter les hallucinations. Enfin, la technologie de Counterparty Verification permet à l’agent de valider la légitimité du partenaire commercial avant toute transaction, créant ainsi un double contrôle de bout en bout.
Implications et limites
En s’appuyant sur plus de deux mille institutions et un jeu de données de risque déjà en production, Baselayer accélère la mise en place d’une infrastructure d’identité adaptée aux logiciels autonomes. La participation de groupes de standardisation tels que la FIDO Alliance Authentication Working Group, le Legal Context Protocol et le x402 Identity Working Group, ainsi que des acteurs comme Google, Cloudflare, Visa et Mastercard, indique une volonté d’harmoniser les protocoles au niveau industriel. Cependant, la solution dépend fortement de l’adoption de ces standards par les réseaux de paiement et les régulateurs. Sans un cadre juridique clair, la traçabilité cryptographique pourrait rester une mesure technique sans force exécutoire. De plus, la capacité à interroger des bases publiques en temps réel impose des exigences de latence et de disponibilité qui devront être testées à grande échelle avant d’être déployées dans des environnements de paiement à haute fréquence.