Présentation
Besxar, startup fondée par l'ancienne d'OpenAI Ashley Pilipiszyn, a levé près de 14 millions de dollars, dont 9 M$ en seed mené par Dauntless Ventures et Overture VC. Elle exploite le booster réutilisable du Falcon 9, qui a réalisé 163 vols en 2025 et plus de 100 vols en 2026, pour tester des processus de fabrication de semi‑conducteurs en orbite. Les deux premiers « fabships », de petite taille, ont été embarqués lors d’une mission Starlink en juillet 2026.
Architecture du fabship et contraintes orbitales
Chaque fabship est un canister hermétique destiné à protéger des échantillons de wafers du vide spatial, des rayonnements ionisants et des variations thermiques extrêmes. Le vol a confirmé la survie du boîtier malgré une défaillance du système de télémétrie sur l’un des deux appareils, problème actuellement analysé par l’équipe. Les mesures post‑mission ont montré que les wafers récupérés contenaient le moins de particules jamais observées comparés à des échantillons terrestres, ce qui valide l’hypothèse que l’absence d’atmosphère élimine la plupart des sources de contamination habituellement contrôlées par des salles blanches pressurisées.
Processus de fabrication et perspectives d’échelle
Le plan technique prévoit, après la validation du transport, d’ajouter successivement des étapes de chauffage des wafers, puis de dépôt d’un matériau, suivi de deux matériaux, etc. Cette séquence incrémentale doit être réalisée dans le même canister avant le retour sur Terre. Besxar vise à augmenter la capacité de chaque fabship de quelques dizaines à plusieurs centaines de wafers, puis à mille wafers par vol, conditionnée à la disponibilité de lanceurs à bas coût. L’objectif à moyen terme est de migrer vers le Starship, dont le volume de charge utile pourrait accueillir des fabships de taille industrielle.
Analyse des risques et comparaison avec les approches terrestres
Le principal obstacle reste la logistique de récupération : chaque vol ne ramène qu’une quantité limitée de produits, ce qui rend difficile la rentabilité à grande échelle tant que le coût du lancement ne chute pas. La dépendance à SpaceX, notamment à la mise en service du Starship, expose Besxar à des retards de calendrier. D’autres acteurs, comme United Semiconductors ou Space Forge, rencontrent les mêmes contraintes de volume et de retour. Sur le plan technique, la microgravité peut influencer la morphologie des couches déposées, et les radiations peuvent altérer les propriétés électroniques des matériaux, nécessitant des tests de qualification supplémentaires. En comparaison, les fabs terrestres, bien que coûteuses (plusieurs milliards de dollars) et nécessitant des salles blanches, offrent un contrôle continu du processus et une production continue, ce qui reste un avantage concurrentiel majeur tant que les coûts de lancement ne deviennent pas négligeables.