Contexte et enjeux
Le New Glenn, lanceur lourd de Blue Origin, est immobilisé depuis l’explosion sur le pas de tir de Cape Canaveral en mai 2026. L’incident a détruit le moteur BE-4 du premier étage et a entraîné la perte du véhicule complet. L’entreprise a annoncé un objectif de retour en vol d’ici la fin d’année, mais les contraintes de reconstruction du lanceur et les exigences de certification retardent le calendrier.
Nouvelle installation de traitement de charges
Blue Origin a inauguré un Payload Processing Facility (PPF) en Floride, dédié à l’intégration et au test des charges utiles destinées au New Glenn. Le site, d’une superficie de 15 000 m², comprend des salles blanches classées ISO 8, des bancs de vibration capables de simuler jusqu’à 10 g et des systèmes de test thermique couvrant -150 °C à +150 °C. Ces capacités visent à réduire le temps d’intégration de 30 % par rapport aux installations précédentes, en limitant les déplacements entre le site de lancement et les centres de test européens.
Situation de New Glenn et perspectives techniques
Le moteur BE‑4, développé par Blue Origin pour le New Glenn et le Vulcan d’United Launch Alliance, a une poussée de 2 400 kN. Après l’explosion, le moteur a été remplacé par un exemplaire neuf, mais la chaîne d’assemblage du premier étage nécessite une re‑qualification complète. Les tests de vibration et de charge statique prévus au PPF devront atteindre les 8 000 s de durée de vol simulée, conformément aux exigences de la FAA. Le respect de ces critères est indispensable pour obtenir l’autorisation de vol, ce qui explique la prudence affichée par la direction.
Développements européens et financements associés
Parallèlement, le secteur européen voit un afflux de capitaux : Isar Aerospace a reçu un contrat de 200 M€ de l’ESA pour accélérer le développement du lanceur Spectrum, qui doit être lancé depuis le site d’Andøya en Norvège. Le lancement, prévu dans une fenêtre d’une semaine à partir du vendredi, vise à placer plusieurs CubeSats en orbite basse, malgré les échecs précédents liés à des problèmes d’allumage du moteur du deuxième étage. PLD Space, quant à elle, a levé 108 M€ supplémentaires pour finaliser le Miura 5, son petit lanceur destiné à des missions orbitales de 150 kg. Cette levée suit un contrat ESA de 159 M€ partagé avec Isar Aerospace et Rocket Factory Augsburg, destiné à la compétition European Launcher Challenge. Les fonds alloués sont principalement destinés à la certification du moteur à propergol solide et à l’optimisation du système de guidage inertiel, qui doit atteindre une précision de 10 m à l’insertion orbitale.