Nouveaux éléments du New Glenn

Blue Origin a présenté un kick stage destiné à augmenter la capacité de mise en orbite du lanceur New Glenn. Ce module additionnel, placé entre le premier étage et la charge utile, utilise un moteur à combustion dérivé du BE‑4 mais optimisé pour des impulsions plus courtes et une poussée maximale de 200 kN. En parallèle, l’entreprise a dévoilé un nouveau design de moteur destiné à la version améliorée du premier étage, avec un taux de compression de 12 : 1 et un système d’injection à double anneau visant à réduire les pertes de pression. Les deux innovations sont censées améliorer le facteur de charge utile de 5 %.

Retard du vol inaugural et contraintes d’infrastructure

Le lancement prévu initialement pour décembre 2026 a été déplacé à janvier 2027. Le report résulte de la reconstruction du site de lancement de Cape Canaveral, détruit lors d’une explosion en mai 2026. Les travaux portent sur la remise en état du pad d’assemblage, le renforcement du système d’alimentation en carburant cryogénique et la mise à jour du système de contrôle de la trajectoire. La disponibilité du pad est également conditionnée par les exigences de la NASA, d’Amazon et du Space Force, qui comptent sur New Glenn pour des missions de station spatiale et de lancement de satellites de communication. Le calendrier serré impose une validation supplémentaire des capteurs de pression du réservoir d’oxygène liquide, dont la certification a été repoussée de deux semaines.

Propulsion à base d’eau d’Argo Space : principe et défis

Argo Space développe des petits satellites équipés d’un système de propulsion qui exploite l’eau comme unique réservoir. Le satellite stocke de l’eau liquide à -20 °C, puis utilise des panneaux solaires pour alimenter un électrolyseur qui sépare l’eau en hydrogène et oxygène. Les gaz sont ensuite injectés dans une chambre de combustion à pression 0,5 MPa, générant une poussée de 0,2 N. Cette approche élimine la nécessité de transporter des réservoirs de carburant séparés, réduisant la masse sèche de 12 %. Le premier vol, réalisé en juillet 2026, a échoué parce qu’une des deux antennes solaires ne s’est pas déployée, limitant la puissance disponible pour l’électrolyse et empêchant le test du moteur. Argo prévoit deux missions supplémentaires en 2027, avec un redesign du mécanisme de déploiement solaire et une amélioration du contrôle thermique du réservoir d’eau afin de prévenir la formation de glace pendant les phases d’attitude. Le principal risque réside dans la gestion de la pression interne du réservoir pendant les cycles de chauffage et de refroidissement, qui peut entraîner des microfissures dans les parois en aluminium‑lithium.