Contexte et décision de la NASA

Le 28 septembre 2026, l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a annoncé que l’agence exercerait ses options pour commander deux vols supplémentaires du vaisseau habité Starliner de Boeing. Cette décision s’inscrit dans la stratégie de maintien d’un accès continu à l’orbite terrestre basse (LEO) après la mise hors service prévue du vaisseau Crew Dragon de SpaceX d’ici 2030. La NASA a déjà alloué 5,1 milliards de dollars dans le cadre du programme Commercial Crew à prix fixe, et le nouveau financement comprend 359 millions de dollars destinés à la remise à neuf du système de contrôle de réaction (RCS) du Starliner.

Réhabilitation du système de contrôle de réaction

Les vols d’essai non habités de 2019 et 2022 ont révélé des dysfonctionnements du RCS, culminant avec une surchauffe des propulseurs lors du vol d’essai habité de juin 2024, qui aurait pu entraîner la perte de l’équipage. Le financement de 359 M$ vise à reconstruire ces propulseurs, à améliorer le système de gestion thermique et à valider la certification du nouveau lanceur Vulcan d’United Launch Alliance pour les missions humaines. La certification du Vulcan est indispensable, car le lanceur Atlas V, utilisé précédemment pour Starliner, est en cours de retrait.

Analyse des coûts et du risque de monopole

Pour les missions Starliner‑2 à Starliner‑6, NASA et Boeing ont fixé un tarif d’environ 90 M$ par siège, soit un coût comparable aux précédents vols Crew Dragon. Cependant, Boeing n’a pas encore communiqué les prix au-delà de 2030, en raison de l’absence de certification finale du Vulcan et du Starliner. Le manque de concurrence – le retrait imminent de Dragon laissera Boeing comme seul fournisseur national – soulève des interrogations sur la pression tarifaire et la résilience du programme. La NASA prévoit une demande de deux sièges tous les six à neuf mois, ce qui implique une cadence de vol soutenue pour le Starliner. Si les réparations du RCS et la certification du Vulcan sont réussies, le véhicule pourra soutenir cette cadence ; sinon, tout retard pourrait compromettre l’accès continu à la Station spatiale internationale et aux futures stations commerciales (CLD). Enfin, les pertes cumulées de plus de 2 M$ pour Boeing sur le programme Starliner illustrent les risques financiers associés à la remise en service d’un système qui a déjà connu plusieurs échecs critiques.