Présentation du dispositif
Cambridge Heavy Industries, start‑up basée près du MIT, a présenté un réacteur de fusion inertielle capable de tenir sur un bureau. Le prototype, qualifié de « benchtop », mesure quelques dizaines de centimètres de côté et fonctionne en mode modulaire. Selon le co‑fondateur Yun Kai, la taille réduite permet de réaliser entre 50 et 80 expériences par jour, chaque expérience correspondant à un « shot » laser. Les données recueillies alimentent des simulations assistées par IA afin d’ajuster les paramètres de compression. La société a levé 6,2 M$ en seed round, dirigé par Azolla Ventures, ce qui montre l’intérêt des investisseurs pour ce format compact.
Architecture laser et principe d’ignition
Le réacteur utilise deux lasers principaux. L’un d’eux est divisé en plusieurs lignes de faisceau qui forment des anneaux concentriques. Ces anneaux frappent la cible de combustible – un disque plat – de l’extérieur vers l’intérieur, créant une onde de compression qui progresse vers le centre. Chaque anneau est déclenché avec un retard précis afin d’amplifier la vague au moment opportun. Lorsque l’onde atteint le cœur de la cible, le second laser délivre un impulsion finale qui génère chaleur et un champ magnétique, conditions nécessaires à la fusion. Cette configuration minimise le nombre de lasers tout en atteignant des pressions suffisantes avec une puissance laser relativement basse.
Analyse des performances et perspectives
Le dispositif actuel ne vise pas encore la production nette d’énergie, mais il sert de banc d’essai pour la fabrication de tritium. Le tritium se vend à environ 30 000 $ le gramme et la demande industrielle pourrait atteindre quelques grammes par an. Le stock mondial est estimé à 40 kg, avec une prévision de déficit de 28 kg d’ici 2054, soit une valeur potentielle de 840 M$. En produisant du tritium, Cambridge Heavy pourrait générer des revenus pendant la phase de mise à l’échelle. L’objectif à moyen terme est de développer un réacteur de la taille de deux terrains de basket‑ball, suffisamment grand pour tester la viabilité énergétique d’une centrale de fusion. Cette étape nécessitera une augmentation du nombre de lasers et une gestion thermique plus complexe, mais le principe de compression par anneaux concentriques reste le même.