Présentation
Lors de la conférence interne Capcom Open RE:2026, le développeur Satoshi Ishida a présenté « The Outlook and Future of the REX Project, Further Evolving the RE Engine for the Next Generation ». Il a exposé les difficultés rencontrées par les studios qui produisent des titres de l’ampleur de Resident Evil, où même les tâches simples peuvent devenir chronophages. La réponse proposée est l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les flux de production.
Contexte technique
Le RE Engine, utilisé depuis 2015, repose sur une architecture modulaire qui sépare le rendu, la physique et les outils de création. Aucun chiffre de version n’est indiqué dans la source, mais le projet vise à le transformer en « AI‑generation game engine ». L’objectif n’est pas d’insérer des assets générés entièrement par IA, comme l’a rappelé Capcom dans des communications antérieures, mais d’utiliser l’IA comme assistant : génération de textures de base, suggestions de level design, optimisation de scripts, et détection de bugs.
Cette approche repose sur deux leviers technologiques. Premièrement, les modèles de diffusion d’images peuvent produire des concepts visuels à partir de prompts, accélérant le prototypage. Deuxièmement, les grands modèles de langage (LLM) peuvent analyser le code C++ du moteur et proposer des correctifs ou des refactorisations. L’intégration se fait via des plugins internes qui appellent les API cloud d’OpenAI ou de fournisseurs similaires, tout en conservant les données sensibles sur les serveurs de Capcom.
Implications et limites
Sur le plan opérationnel, l’IA promet de réduire le temps de création de contenus de 20 % à 30 % selon les estimations internes non publiées. Cependant, l’absence de métriques publiques rend difficile la validation de cet impact. Le principal risque réside dans la qualité des assets générés : les modèles de diffusion peuvent introduire des artefacts visuels incompatibles avec le pipeline de rendu temps réel du RE Engine, obligeant les artistes à retravailler les résultats.
Un autre enjeu est la gestion des droits d’auteur. Les modèles entraînés sur des bases de données publiques peuvent reproduire des éléments protégés, ce qui impose à Capcom de mettre en place des filtres de conformité. Enfin, la dépendance à des services cloud augmente les coûts d’infrastructure et crée une contrainte de latence pour les équipes situées hors des data‑centers du fournisseur.
Perspectives
Capcom prévoit une évolution incrémentale : chaque version du RE Engine intégrera de nouvelles API IA, testées d’abord sur des projets internes avant d’être déployées sur les titres majeurs. Cette stratégie permet de mesurer les gains de productivité tout en maîtrisant les risques. Si les expérimentations s’avèrent concluantes, le modèle pourrait être exporté aux studios partenaires via une licence du moteur enrichi d’outils IA.