Contexte du cyphre
Le Cyphral Distich, publié à la fin du Logopandecteision de Sir Thomas Urquhart (1652), se compose de deux lignes de 32 nombres chacune, soit 64 valeurs numériques au total. Malgré plusieurs tentatives depuis 1899, le texte caché restait introuvable, les chercheurs se limitant à des analyses de fréquence ou à des substitutions homophoniques. Le problème a été répertorié parmi les « Top 50 » messages chiffrés non résolus par Klaus Schmeh.
Méthode de décodage
Claude Fable 5.1 a résolu le puzzle en 44 minutes, en consommant 176 000 tokens. Le modèle a identifié deux indices clés dans le texte source : la présence de 32 « Proquiritations » immédiatement avant le chiffre, et le leitmotiv du poème qui évoque les « souhaits ». En combinant ces éléments, il a appliqué un chiffrement de type livre : pour chaque i‑ème nombre de la ligne, il se rend à la i‑ème Proquiritation, utilise le nombre comme indice de mot, puis extrait la première lettre du mot sélectionné.
Le processus algorithmique peut être résumé ainsi :
for i, n in enumerate(cipher_line):
paragraph = proquiritations[i]
word = paragraph.split()[n-1]
plaintext += word[0]
Cette règle produit le texte lisible : « O GOD UPHOLD KING CHARLES THE SECOND AND MAKE HIM THE SUPREME RULER OF THIS LAND ». Chaque ligne compte exactement 32 lettres, respectant la forme distichée attendue.
Analyse des performances et limites
Le succès repose sur la proximité du chiffre avec le texte interne, éliminant le besoin d’une clé externe. Le modèle a exploité la capacité de traitement de séquences longues (176 k tokens) pour parcourir les 32 Proquiritations et tester rapidement plusieurs hypothèses de mapping. Cependant, la solution du Cyphral Octastich, plus étendu (285 nombres), révèle des imprécisions : neuf lettres restent indéterminées, une ligne (4) contient une contraction « I‑R‑S‑H », et une autre (5) présente une séquence incohérente (C‑O‑N‑E‑R‑T‑H‑T‑O) attribuée à une possible erreur d’impression ou à un doublement de page. Le modèle a détecté un décalage de +1 page à partir de la position 159, suggérant une utilisation erronée du numéro de page dans le manuscrit original.
Ces écarts soulignent la dépendance du décodage à la fidélité du texte source (EEBO‑TCP). Sans accès à une copie physique du « Jewel » de 1652, certaines positions restent ambiguës, limitant la certitude de la reconstruction complète.
Implications pour la cryptanalyse
La résolution montre que les modèles de grande taille peuvent identifier des schémas de chiffrement basés sur des références internes, même lorsque les indices sont subtils. Le fait que le modèle ait besoin de moins d’une heure et d’un nombre de tokens raisonnable indique une efficacité comparable à une analyse humaine spécialisée, tout en offrant une reproductibilité automatisée. Néanmoins, la dépendance à la qualité du texte numérisé rappelle que l’IA ne remplace pas la vérification philologique lorsqu’il s’agit de documents historiques incomplets.