Principe de fonctionnement

Le D·Vision SDR, développé par la startup ukrainienne CODE380, est un récepteur de type software‑defined radio (SDR) d’environ 10 oz (280 g). Il exploite le fait que la majorité des drones russes transmettent leurs flux vidéo en clair, sans chiffrement, sur des bandes radio analogiques. En captant ces ondes, l’appareil restitue en temps réel les images sur un petit écran, permettant à une unité au sol d’identifier la trajectoire et la cible visée par le drone avant son impact.

Architecture du D·Vision SDR

Le dispositif intègre un convertisseur analogique‑numérique (ADC) à haute vitesse, un processeur FPGA et un logiciel de décodage vidéo. L’ADC numérise le spectre radio reçu, le FPGA applique les filtres de bande et la démodulation FM/AM typiques des signaux vidéo analogiques (NTSC/PAL). Le logiciel, exécuté sur un microcontrôleur embarqué, reconstruit le flux vidéo et l’affiche via une interface HDMI ou un écran intégré. Cette chaîne logicielle permet de basculer rapidement entre les fréquences utilisées par les drones classiques et les nouvelles bandes adoptées en juin par les modèles Molniya, que la plupart des détecteurs existants « ne voient pas ou les voient mal », selon le spécialiste radio Serhii Beskrestnov.

Analyse des performances et limites

Le poids de 10 oz rend le D·Vision SDR nettement plus maniable que les récepteurs concurrents, qui pèsent plusieurs livres. Cette légèreté facilite le déploiement sur le terrain, notamment dans des équipes mobiles. Cependant, la dépendance à la diffusion analogique constitue une faiblesse majeure. Beskrestnov a averti que la transition vers la vidéo numérique, déjà amorcée, rendrait les récepteurs analogiques inefficaces, car le décodage logiciel ne pourrait plus extraire un flux crypté ou compressé sans clé. De plus, certains drones Molniya, équipés de puces Nvidia et guidés par IA, ont été signalés comme n’émettant aucun signal radio, éliminant ainsi toute possibilité d’interception.

Sur le plan opérationnel, le D·Vision SDR nécessite une ligne de vue directe avec le drone et une antenne adaptée aux bandes de 2,4 GHz à 5,8 GHz, fréquences couramment utilisées pour la transmission vidéo. Les interférences électromagnétiques ou les tentatives de brouillage peuvent réduire la qualité du flux reçu. Enfin, l’absence de chiffrement expose les opérateurs à des risques de contre‑mesures : un adversaire pourrait volontairement injecter des signaux factices pour masquer ses intentions ou saturer le récepteur.