Présentation
CodeWall Ltd., start‑up londonienne spécialisée en sécurité offensive, a annoncé son lancement officiel avec un financement de 4 millions de dollars. L’objectif déclaré est de fournir aux organisations, notamment aux banques, des agents d’intelligence artificielle capables d’exécuter des attaques simulées sans aucune information d’identification préalable.
Fonctionnement des agents
Chaque engagement démarre sans credentials ni connaissance interne du cible. Plusieurs agents, chacun dédié à un type de tâche (recherche de vulnérabilités réseau, exploitation d’applications, pivotement interne), opèrent simultanément. Les découvertes sont consignées dans un graph d’investigation partagé, ce qui permet à un point faible identifié par un agent d’être exploité comme vecteur d’accès par un autre. Le système conserve les traces de chaque étape d’attaque, offrant ainsi une visibilité granulaire aux équipes de défense.
Les agents restent actifs tant que le périmètre autorisé par le client le permet. Ils reviennent automatiquement lorsqu’un nouveau système est ajouté ou lorsqu’une correction est appliquée, assurant une capacité permanente de test, contrairement aux tests de pénétration traditionnels réalisés une à deux fois par an.
Preuves de concept et résultats concrets
Au cours de l’année écoulée, CodeWall a testé ses agents contre les trois grands cabinets de conseil. Chez McKinsey & Co., un agent sans credentials a obtenu un accès en lecture‑écriture à la base de données de production du produit Lilli AI en moins de deux heures. Des recherches ultérieures ont révélé des bases de données exposées similaires chez Boston Consulting Group et Bain & Co.. Chaque entreprise a corrigé les failles dans un délai de quelques jours après notification, sans preuve d’accès non autorisé aux données clients.
Le modèle de CodeWall s’appuie sur l’observation que les attaquants disposent déjà d’automatisation avancée. L’entreprise cite notamment le rapport de Sysdig qui décrit la première opération de ransomware entièrement conduite par un agent IA autonome, illustrant la menace que les défenseurs doivent désormais anticiper.
Perspectives et limites
Le tour de table pré‑seed a été mené par Osney Capital, avec la participation d’InReach Ventures, d’Antler Global et d’investisseurs individuels. Les fonds seront principalement alloués à l’extension de la portée des agents au sein des environnements d’entreprise et à l’intégration de workflows de vérification et de remédiation.
Le principal défi réside dans la gestion du bruit généré par des agents continus et dans la garantie que les actions automatisées restent strictement confinées au périmètre autorisé. De plus, l’absence de standards communs pour la représentation des chemins d’attaque complique l’interopérabilité avec les solutions de SIEM existantes.