Contexte et faits rapportés

Le National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert une enquête sur cinq accidents impliquant les dispositifs aftermarket de Comma.ai, dont deux accidents mortels ayant fait trois victimes. Les incidents concernent le logiciel de conduite assistée « openpilot », installé sur divers véhicules modernes. Parmi les cinq collisions, quatre ont blessé jusqu’à onze personnes, certaines gravement.

Défaillances techniques identifiées

Selon le bureau Office of Defects Investigation (ODI), les appareils n’ont pas détecté ou réagi à des véhicules lents ou arrêtés dans la même voie. Cette incapacité à reconnaître des obstacles statiques a conduit le système à poursuivre sa trajectoire, provoquant les collisions. Deux des accidents mortels impliquaient des versions « forkées » du logiciel, notamment le projet tiers FrogPilot, dérivé d’openpilot. L’utilisation de ces variantes modifiées complique l’identification précise des causes, car elles peuvent contenir des ajustements non validés par Comma.ai.

Analyse des limites du système openpilot

Openpilot contrôle l’Adaptive Cruise Control (ACC) et l’Automated Lane Centering (ALC) via une caméra frontale et un module de surveillance du conducteur. La documentation de Comma.ai indique que l’ACC peut être affecté par des véhicules immobiles dans la même voie, et que le système limite l’intensité du freinage et de l’accélération pour éviter des décélérations brusques. Cette conception, destinée à protéger le confort de conduite, crée un compromis de sécurité lorsqu’un arrêt soudain d’un véhicule nécessite une réaction rapide. De plus, la dépendance exclusive à la vision caméra, sans capteurs radar ou lidar complémentaires, réduit la redondance face à des obstacles à faible contraste ou à des conditions d’éclairage défavorables.

Implications pour la régulation et les utilisateurs

L’enquête du NHTSA place Comma.ai parmi d’autres constructeurs dont Tesla et Ford, déjà soumis à des investigations similaires. Les autorités pourraient exiger des mises à jour logicielles renforçant la détection d’obstacles statiques ou l’ajout de capteurs supplémentaires. Pour les conducteurs, le rappel de Comma.ai reste inchangé : il faut être prêt à reprendre le contrôle manuel immédiatement, en appuyant sur une pédale ou le bouton d’annulation. La présence de forks non officiels souligne le risque de modifications non contrôlées, qui peuvent altérer les paramètres de sécurité et rendre les systèmes plus vulnérables aux défaillances.