Contexte et historique du projet

Conversations est un client XMPP pour Android lancé le 24 mars 2014, soit douze ans et demi avant la rédaction de cet article. Le développement a commencé en janvier 2014 dans une résidence étudiante, et le créateur a immédiatement utilisé l’application en interne. Dès les premières semaines, le projet a été proposé comme produit commercial : le code source restait ouvert, mais le binaire était vendu sur le Play Store.

Modèle économique et frais Google Play

Le revenu brut généré par le Play Store entre 2014 et 2026 a été présenté sous forme de graphique, avant déduction des 15 % de commission prélevés par Google et de la TVA. Cette commission représente plus de 1 000 € par an, soit l’équivalent du coût annuel d’une connexion Internet ou d’un ordinateur portable amorti sur trois à quatre ans. Le développeur indique que cette somme était suffisante pour couvrir son loyer pendant plusieurs années, mais que la dépendance financière à Google restait critique.

Problèmes de validation et impact sur la sécurité

Le processus de révision de Google a entraîné deux suppressions de l’application, dont une suite à une accusation infondée d’accès aux contacts des utilisateurs. Le développeur signale des délais de validation de 14 jours pour chaque mise à jour, avec une tendance à l’allongement au cours de la dernière année. Ces retards concernent aussi bien les ajouts de fonctionnalités que les correctifs de sécurité, ce qui augmente le risque d’exposition aux vulnérabilités pendant la période d’attente.

Migration vers F‑Droid et construction reproductible

Depuis plusieurs années, Conversations était également disponible sur F‑Droid, mais le lien vers ce dépôt n’était pas mis en avant afin de favoriser les ventes sur le Play Store. Après la rupture avec Google, le développeur a commencé à promouvoir F‑Droid comme canal principal. L’APK fourni par F‑Droid est désormais construit de façon reproductible et signé avec la clé personnelle du développeur, garantissant l’intégrité du binaire. Le financement du projet provient désormais majoritairement de subventions, notamment de NLnet et de la Commission européenne, avec des engagements garantis jusqu’en 2029.