Contexte historique
Le langage de diagrammes D2 a été lancé comme une branche open‑core d’une société commerciale. Son développement open‑source était financé par l’IDE propriétaire D2 Studio et par l’algorithme de mise en page propriétaire TALA. Lorsque l’entreprise a annoncé sa fermeture, le code source restant a continué à être maintenu par son créateur, Alex, mais sans garantie de pérennité.
Transition vers le modèle non lucratif
En septembre 2024, D2 a obtenu le parrainage fiscal de Hack Club, une organisation à but non lucratif. Ce changement implique que les futures dépenses seront couvertes par des dons, et que les contributeurs pouvant démontrer une maintenance de haute qualité pourront signer un contrat de contribution rémunérée. Alex a indiqué que son implication sera désormais partielle, ce qui rend le modèle de contribution communautaire indispensable.
Développement orienté IA
Le prochain cycle de développement sera « entièrement piloté par IA ». Toutes les contributions du mainteneur seront générées à l’aide de modèles de génération de code, tandis que les revues de contributions IA seront également automatisées. Cette approche vise à exploiter les capacités des LLM à identifier des optimisations de performance au niveau du milliseconde, à implémenter des rendus isométriques et à créer des transpileurs depuis d’autres langages de diagrammes. Le texte précise que les seules parties exclues de l’automatisation seront les articles de blog et les communications.
Implications techniques et limites
Le passage à une architecture strictement client‑side élimine toute dépendance serveur : aucun service d’API, de rendu distant, de comptes utilisateurs ou de multijoueur ne sera proposé. Cette décision renforce la confidentialité mais restreint les scénarios nécessitant un rendu partagé. Les objectifs à moyen terme incluent l’intégration native de D2 sur des plateformes telles que GitHub, Notion et Linear, ainsi que la publication d’une version 1.0 stable avec une grammaire formalisée. Le projet se veut éviter le bloat ; un système de plugins sera introduit pour ajouter des fonctionnalités hors du cœur, par exemple des extensions spécifiques à des domaines non visés par le langage (les diagrammes de Venn resteront exclus).
Le modèle de financement par dons et contrats de contributeur crée une incitation économique directe, mais dépend fortement de la visibilité de la communauté. L’utilisation massive d’IA pour la génération de code peut accélérer le rythme de livraison, toutefois elle introduit des risques de cohérence de style, de traçabilité des changements et de vulnérabilités potentielles issues de modèles non audités. En l’absence de serveur, les optimisations de performance devront être réalisées au niveau du code JavaScript ou WebAssembly exécuté dans le navigateur, ce qui impose des contraintes de taille de bundle et de compatibilité avec les navigateurs courants.