Contexte de l’étude
Des scientifiques de l'Université fédérale de Santa Catarina ont analysé 53 thons skipjack (Katsuwonus pelamis) pêchés localement. L’échantillon représente une part du stock le plus abondant du Brésil, dont la capture mondiale atteignait 3,1 millions de tonnes en 2022, le plaçant au troisième rang des espèces marines les plus pêchées. L’objectif était d’évaluer la charge parasitaire dans un produit souvent consommé cru ou en conserve.
Résultats quantitatifs et anatomiques
Au total, plus de 1 600 vers ont été comptés, soit une moyenne d’environ 30 parasites par individu. 96 % des poissons étaient infectés, les seuls organes exempts étant le cœur et le rein. La distribution anatomique montre que les intestines sont le site le plus touché, suivies du muscle (partie consommée) et enfin de l’estomac. Les genres identifiés sont Trypanorhyncha et Anisakis, deux groupes courants chez les poissons pélagiques.
Conséquences sanitaires et économiques
Les auteurs soulignent que la présence de vers dans le muscle peut compromettre la sécurité alimentaire, surtout lorsqu’il s’agit de consommation crue ou insuffisamment cuite. Les symptômes possibles chez l’humain incluent douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhée, bien que les cas graves restent rares. Dans le cadre de la transformation industrielle, la plupart des vers sont détruits par la chaleur du processus de mise en conserve, ce qui limite le risque pour le consommateur final. Cependant, la visibilité des parasites réduit la commercialisation du produit, affectant la confiance des consommateurs et engendrant des pertes économiques pour la filière pêche.
Perspectives et limites
L’étude, présentée comme une « brief communication » dans *Ocean and Coastal Research*, ne couvre qu’un seul point temporel et une zone géographique restreinte, ce qui empêche de généraliser les résultats à l’ensemble des pêches mondiales. Des recherches antérieures (Université de Washington, 2020) indiquent une hausse de 280 % du nombre d’Anisakis détectés depuis les années 1970, passant de moins d’un ver pour 100 poissons à plus d’un ver par poisson. Cette tendance pourrait refléter des changements écologiques, comme l’amélioration de la protection des mammifères marins, mais les données restent fragmentaires. Un suivi systématique des parasites dans les principaux bassins de pêche serait nécessaire pour confirmer si la charge observée est exceptionnelle ou représentative d’une nouvelle norme.