Déploiement opérationnel
L'armée du Népal utilise quatre drones DJI FlyCart 100, offerts par la Chine, pour réaliser entre 10 et 16 missions d'aide chaque jour. Chaque appareil transporte environ 60 kg (132 lb) de vivres ou de charges lourdes, soit moins que la capacité maximale annoncée par le fabricant (entre 85 kg et 100 kg selon la configuration de la batterie). Le système embarqué comprend une corde de 30 m et un treuil, permettant de soulever des charges verticalement et de les déposer avec précision.
Caractéristiques techniques du FlyCart 100
Le FlyCart 100 est un drone cargo à décollage vertical (VTOL) propulsé par plusieurs rotors électriques. Selon le site de DJI, il peut porter de 187 à 220 lb (≈ 85‑100 kg) selon la densité énergétique de la batterie. La charge utile réelle observée – 60 kg – reflète les contraintes d'altitude (les vols se déroulent à plus de 2 000 m d'altitude) et les conditions météorologiques post‑inondation (vent, humidité). Le treuil de 30 m, actionné par un moteur électrique dédié, supporte jusqu’à 100 kg, mais la stabilité du drone diminue rapidement au-delà de 70 kg, limitant la marge de sécurité.
Impact logistique et humanitaire
En 31 vols, les drones ont distribué 1 591 kg de denrées alimentaires, soit une moyenne de 51 kg par mission. Cette performance représente une fraction du besoin total, estimé à plus de 20 000 kg pour les 43 000 personnes ciblées par l’appel de l’ONU (20,5 M$). Néanmoins, la capacité de livrer des colis dans des zones inaccessibles à pied ou en véhicule réduit le temps de réponse de plusieurs heures à moins d’une heure, ce qui est crucial dans les premiers jours après la crue.
Utilisation secondaire et limites
Outre le transport de vivres, les mêmes drones ont été employés pour extraire des corps humains des zones submergées, exploitant la même mécanique de levage. Cette double fonction expose les opérateurs à des risques sanitaires et à la nécessité d’une désinfection rigoureuse du treuil. Par ailleurs, de plus petits drones ont été employés pour la recherche‑et‑sauvetage dans les tunnels d'hydroélectricité. Les pilotes signalent des difficultés de navigation dues aux courbes serrées et à la présence de boue visqueuse, qui perturbe les capteurs de proximité et les flux d’air des rotors. Les microphones embarqués, reliés à des haut-parleurs, ont permis d’émettre des appels ou de la musique pour localiser des survivants, mais l’efficacité reste ponctuelle et dépend de la propagation acoustique dans les espaces confinés.