Contexte climatologique
Le phénomène El Niño, en phase de renforcement rapide dans le Pacifique équatorial, modifie les gradients de température de surface et les flux de vapeur d’eau. Cette configuration augmente le cisaillement vertical du vent au-dessus de l’Atlantique, un facteur qui empêche la consolidation des perturbations tropicales en cyclones majeurs. Historiquement, les années où El Niño est fort coïncident avec des saisons atlantiques en dessous de la moyenne, car les ondes tropicales rencontrent des vents de cisaillement supérieurs à 20 kt, limitant leur intensité.
Mesure de l’énergie cyclonique (ACE)
L’ACE (Accumulated Cyclone Energy) cumule la puissance de chaque système en fonction de la vitesse maximale soutenue sur une période de six heures. À ce jour, l’ACE de 2026 représente moins de 30 % de la valeur moyenne observée à la même date historique, soit environ 15 unités contre une moyenne de 50 unités. Le pronostic final de Phil Klotzbach prévoit un ACE total d’environ 40 % du niveau normal, ce qui correspond à une énergie totale estimée à 20‑25 unités, bien en dessous du seuil de 45 unités qui caractérise une saison moyenne.
Prévisions de la saison 2026
Le modèle de prévision de Colorado State University, dirigé par Phil Klotzbach, a révisé à la baisse ses estimations depuis avril. Initialement, l’équipe annonçait 13 tempêtes nommées et six ouragans. La version finale, publiée le mercredi, indique neuf tempêtes nommées et quatre ouragans. Cette réduction s’appuie sur les indicateurs de cisaillement, la température de la mer et la prévalence des ondes tropicales. La prévision de 40 % d’ACE implique que même les systèmes qui se forment auront une durée de vie plus courte et une intensité maximale réduite.
Implications pour les zones côtières
Houston, cité comme point de référence, a déjà enregistré deux tempêtes nommées – Arthur et Bertha – dont les centres ont frôlé ou traversé la ville. Bien que ces systèmes soient restés à l’échelle de tempêtes tropicales, ils ont généré des précipitations locales supérieures à 80 mm et des rafales de vent dépassant 50 kt. Une saison sous‑active ne garantit pas l’absence de dégâts : les impacts restent concentrés sur les épisodes isolés, et la moindre fréquence peut masquer un risque de précipitations intenses ou d’inondations soudaines. Les autorités locales doivent donc maintenir les protocoles d’alerte même si les prévisions globales indiquent une activité réduite.