Présentation de Bedrock 2.0
Bedrock est un kit de démarrage minimaliste pour Emacs, construit sans dépendances externes. La version 2.0, publiée le 6 septembre 2026, ne fonctionne qu’avec Emacs 31, sortie en août 2026. Cette exigence rompt la compatibilité avec Emacs 29 (2024) et impose aux utilisateurs de mettre à jour leur éditeur ou de retirer les parties spécifiques à Emacs 31.
Modifications majeures et impact sur l’architecture
Le changement le plus visible est l’activation du lexical-binding dans tous les fichiers .el, ce qui améliore la gestion de la portée des variables et réduit les coûts d’allocation lors de l’exécution du code Lisp. L’ajout de repeat-mode par défaut permet de répéter les commandes récentes sans re‑saisir le préfixe, simplifiant les workflows intensifs. La configuration du tree‑sitter a été « vastly improved », ce qui signifie une meilleure prise en charge du parsing syntaxique incrémental et, par conséquent, des temps de coloration et de complétion plus courts.
Le buffer *Completions* se met désormais à jour automatiquement, éliminant le besoin d’appeler manuellement completion-at-point. L’isearch bénéficie d’une configuration plus ergonomique, bien que les détails exacts ne soient pas précisés dans le changelog.
Gestion des paquets et nouvelles intégrations
Bedrock conserve son principe de configuration « copy‑and‑paste » : un early-init.el et un init.el placés dans ~/.emacs.d/. Les paquets tiers sont isolés dans le répertoire extras/, que l’on peut importer à la main. Depuis la version 2.0, chaque déclaration use-package déclenche automatiquement l’installation du paquet s’il est absent, ce qui supprime la nécessité d’une étape d’installation manuelle.
Le module which-key est remplacé par embark-auto-prefix-help-mode lorsqu’embark est présent, offrant une aide contextuelle plus fine. Le paquet wgrep a été retiré au profit d’une fonction interne grep-change-to-grep-edit-mode, réduisant la surface d’attaque et le nombre de dépendances.
Limites, migration et perspectives
La mise à jour n’est pas automatisée : les utilisateurs doivent comparer le commit source de leur version actuelle avec la branche principale et appliquer manuellement les changements souhaités. Cette contrainte renforce l’objectif pédagogique de Bedrock, à savoir que chaque utilisateur possède et comprend l’ensemble de sa configuration.
Les correctifs incluent la prise en compte correcte des couleurs de thème et une suppression plus efficace du message de démarrage, mais le changelog indique que la liste n’est pas exhaustive. L’absence de télémétrie garantit la confidentialité, mais empêche toute mesure quantitative de l’adoption.