Présentation

Evvy, officiellement Allora Health Inc., a annoncé la clôture d’une levée de fonds de 40 millions de dollars en série B, menée par Catalio Capital Management et soutenue par le U.S. Fertility Innovation Fund, Rethink Impact, Muse Capital et Alumni Ventures. Le tour a également réuni les investisseurs historiques LabCorp Venture Fund, General Catalyst et Left Lane Capital. L’entreprise se positionne sur la santé féminine en combinant métagénomique et apprentissage automatique pour combler le manque de biomarqueurs spécifiques au corps féminin, un déficit qui, selon la fondatrice Priyanka Jain, conduit à des taux de mauvais diagnostics supérieurs à 50 % pour certaines pathologies et à des récidives de symptômes vaginaux dépassant 60 %.

Fonctionnement technique

Le dispositif d’Evvy repose sur un kit d’auto‑prélèvement qui collecte un écouvillon vaginal. L’échantillon est soumis à un séquençage métagénomique, générant un profil complet des micro‑organismes présents. Ces données brutes alimentent le moteur d’apprentissage machine nommé EvvyAI, entraîné sur le plus grand jeu de données cliniques de microbiome vaginal disponible, accumulé pendant plus de cinq ans. Le modèle applique des algorithmes de classification multi‑classe pour identifier des sous‑types microbiens et associer chaque profil à un protocole thérapeutique personnalisé. Le système est conçu pour se mettre à jour en continu, intégrant les résultats de chaque nouveau test afin d’ajuster les poids du réseau neuronal.

Performances et validation

Les praticiens qui utilisent EvvyAI déclarent une capacité à diagnostiquer plus de 90 % des patientes symptomatiques, avec une réduction de 50 % des récidives de la vaginose bactérienne (BV). L’analyse a permis de distinguer six sous‑types distincts de BV, chacun présentant des signatures génomiques et des réponses thérapeutiques différentes, ce qui justifie des traitements plus ciblés. À ce jour, la plateforme a servi plus de 100 000 patientes via 3 000 praticiens, et son jeu de données a été cité dans 13 publications à comité de lecture, contribuant à la découverte de nouveaux sous‑types bactériens et de centaines de génomes du microbiome vaginal auparavant non catalogués.

Perspectives et limites

Le financement récent sera dédié à la validation de nouvelles générations de modèles IA capables de couvrir un spectre plus large de conditions féminines, en commençant par les troubles de fertilité. Jain précise que le microbiome vaginal n’est qu’une composante d’un système biologique complexe, et que l’objectif est d’intégrer ces résultats à des plans de soins globaux. Malgré les résultats prometteurs, la dépendance à un échantillonnage à domicile peut introduire des biais de qualité d’échantillon, et la généralisation des modèles reste soumise aux variations ethniques et géographiques non encore pleinement représentées dans le jeu de données actuel.