Contexte réglementaire

Depuis décembre 2025, la FCC, sous l’administration Trump, a élargi son Entity List pour interdire l’importation de toute nouvelle catégorie de gadgets grand public d’origine étrangère, notamment les drones, les routeurs, les robots domestiques et les onduleurs. La justification officielle repose sur une menace présumée à la sécurité nationale, bien que le gouvernement n’ait publié aucune preuve concrète. Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique de « rip and replace » appliquée depuis plus d’une décennie aux équipements de télécom de Huawei et ZTE.

En parallèle, la FCC a annoncé un plan visant à exclure les laboratoires de test chinois du processus d’autorisation d’ici décembre 2028, avec un vote prévu le 29 octobre. Deux laboratoires – SLG‑CPC Test Laboratory et Shenzhen STS Test Services – ont déjà été décertifiés pour avoir fourni des résultats de test erronés, renforçant la logique de « contrôle de la chaîne d’approvisionnement » avancée par l’agence.

Mécanismes des exemptions et waivers

Le dispositif de dérogation repose sur deux critères : l’absence de menace avérée et la présentation d’un plan détaillé de fabrication aux États‑Unis. MSI a reçu une exemption conditionnelle pour deux modèles de routeurs, le Radix GRBE94 et le GRBE34, sous réserve de certification. En revanche, Netgear et Asus ont obtenu des exemptions globales sans engagement public de production locale, ce qui soulève des questions de cohérence d’application.

TP‑Link, principal fabricant de routeurs Wi‑Fi 8, n’a pas encore obtenu de waiver. L’entreprise a proposé d’investir près d’un milliard de dollars pour établir une chaîne de production américaine, créant « des centaines d’emplois de R&D, de fabrication et de construction » sur quatre ans. Cette offre n’a pas été suffisante pour obtenir une exemption, illustrant la dépendance du processus à des critères parfois opaques.

Impacts industriels et limites

Les interdictions affectent directement le marché intérieur, où la plupart des routeurs et drones sont déjà produits à l’étranger. L’absence de fournisseurs domestiques capables de remplacer les produits bloqués crée un risque de pénurie et augmente les coûts d’importation pour les revendeurs. De plus, la FCC ne prévoit aucune mesure corrective pour les appareils déjà commercialisés, laissant un vide de sécurité potentiel non adressé.

Enfin, la politique de blocage des laboratoires chinois introduit une contrainte supplémentaire pour les fabricants étrangers, qui doivent désormais justifier la conformité de leurs tests auprès d’entités américaines. Cette exigence pourrait ralentir le processus de certification et décourager l’innovation, surtout si les critères de « relation économique réciproque » restent flous. En l’absence de transparence sur les évaluations de risque, les acteurs du secteur doivent naviguer dans un cadre réglementaire qui combine exigences de sécurité nationale et pressions protectionnistes.