Contexte de la proposition
Le FCC a publié un Notice of Proposed Rulemaking visant à annuler les exigences d’obtention de permis imposées par les États et les municipalités pour les réseaux filaires. L’administration Trump justifie la mesure en affirmant que les autorités locales « retardent excessivement les approbations » et exigent des frais qu’elle juge « exorbitants », rendant certains projets non viables.
Le texte propose notamment d’instaurer un délai de 120 jours pour le traitement de tout permis et de plafonner les frais que les collectivités peuvent réclamer aux opérateurs.
Mécanismes de préemption envisagés
Le FCC invoque l’article Section 253 du Communications Act, qui interdit aux États d’imposer des exigences qui « interdisent ou ont l’effet d’interdire » la fourniture de services de télécommunications. En s’appuyant sur le titre II du même acte, la commission cherche à étendre son autorité de régulation des opérateurs à la gestion des droits de passage publics.
Cette approche contraste avec la jurisprudence de 2025, où une cour d’appel a classé le haut débit comme « service d’information », excluant ainsi son assujettissement au titre II. Le président du FCC, Brendan Carr, persiste à qualifier le service comme relevant à la fois de la télécommunication et d’autres usages, afin de justifier la préemption.
Arguments des collectivités locales
Un groupe de municipalités, incluant la United States Conference of Mayors, la National Association of Counties, la National League of Cities et la National Association of Telecommunications Officers and Advisors, a déposé une réponse le 21 septembre. Ils soulignent que le permis local assure la sécurité publique, la protection des droits de passage et la coordination nécessaire pour installer des câbles au-dessus, au-dessous ou le long des voies publiques.
Les villes dénoncent également le phénomène de « permit‑hoarding », où les opérateurs réservent des emplacements sur des poteaux sans intention immédiate de déployer, bloquant ainsi la concurrence. Elles proposent que le FCC impose aux fournisseurs un délai de 180 jours après l’obtention du permis pour commencer les travaux, afin de contraindre les acteurs à respecter leurs engagements.
Analyse des implications juridiques et opérationnelles
Si le plan était adopté, les collectivités pourraient engager des recours judiciaires en arguant que le FCC excède son mandat législatif. La jurisprudence antérieure, notamment le rejet de la préemption des lois étatiques sur la neutralité du net sous l’administration Trump, constitue un précédent juridique pertinent.
Opérationnellement, un délai fédéral de 120 jours pourrait réduire la flexibilité des villes à adapter les exigences de sécurité aux spécificités locales, comme la capacité de charge des structures ou les normes de travail en hauteur. En même temps, la suppression de frais de compensation pourrait diminuer les ressources municipales dédiées à l’inspection et à la maintenance des droits de passage.
En résumé, le projet du FCC crée un tension entre la volonté de standardiser les processus d’autorisation et la nécessité de préserver les fonctions de sécurité et de gestion des infrastructures publiques. La résolution du conflit dépendra de l’interprétation judiciaire du titre II et de la capacité des villes à démontrer l’impact concret de leurs exigences sur la sécurité et la concurrence.