Contexte de l’audition
Le 24 septembre 2026, le sous‑comité sénatorial du crime et du contre‑terrorisme, présidé par le sénateur Josh Hawley (R‑MO), a tenu une audience publique sur les systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (ALPR). Flock, fournisseur d’un « AI Surveillance Network », a été placé au centre du débat, même si son PDG a refusé de comparaître. Les dirigeants d’Axon, Motorola Solutions et Verkada ont également décliné l’invitation, tandis que des experts en cybersécurité et des victimes potentielles ont témoigné.
Architecture et fonctionnement du réseau Flock
Flock déploie des caméras équipées d’algorithmes de reconnaissance d’image capables d’extraire les numéros de plaque, de les associer à des métadonnées (heure, localisation) et de les stocker dans une base de données centralisée. Selon les déclarations du sénateur Hawley, les enregistrements peuvent être conservés « pour un mois entier », ce qui implique une capacité de stockage importante et une indexation permettant des recherches transversales. Le système ne repose pas sur un réseau national partagé, comme le précise Verkada, mais chaque client accède à ses propres données via une interface web sécurisée.
Analyse des vulnérabilités et des risques de confidentialité
Le chercheur en cybersécurité Benn Jordan a démontré qu’il pouvait accéder aux archives de Flock avec « un minimum de manœuvres techniques ». Cette observation, faite avant que Flock ne corrige la faille, indique que les contrôles d’authentification et de segmentation des données étaient insuffisants. Jordan a noté une amélioration de la sécurité depuis l’incident, mais il souligne que le problème structurel persiste : la facilité d’accès pour les agents de police crée un vecteur d’abus potentiel. Le témoignage d’une femme de Floride, incarcérée 13 jours après une fausse identification, illustre le risque d’erreurs de classification et leurs conséquences juridiques. Les législateurs ont également soulevé la possibilité que des autorités d’immigration ou des groupes anti‑avortement obtiennent les images via des officiers locaux, ce qui élargit la surface d’exposition.
Perspectives législatives et limites
Les sénateurs démocrates (Alex Padilla, Dick Durbin, Cory Booker) ont interrogé la légalité d’un accès fédéral aux bases de données Flock et la présence de « loopholes » permettant à un officier de faire une recherche pour le compte d’une agence. Du côté républicain, Hawley a évoqué les implications pour les détenteurs d’armes à feu, rappelant la crainte d’une base de données nationale. Malgré l’intensité du débat, le texte législatif reste embryonnaire ; les auditeurs ont simplement demandé davantage de transparence sur les protocoles de chiffrement, les durées de rétention et les audits indépendants. En l’absence de normes fédérales, chaque municipalité continue d’appliquer ses propres politiques, ce qui crée une mosaïque de niveaux de protection.