Fonctionnement du système Flock
Chaque dispositif Flock capture une image de chaque véhicule qui le franchit, indépendamment d’une suspicion préalable. Le système consigne le numéro de plaque, l’horodatage et la géolocalisation. La fonction Vehicle Fingerprint enrichit l’enregistrement avec la marque, le modèle, la couleur, ainsi que des caractéristiques visuelles comme des bosses ou des autocollants. Ces métadonnées sont agrégées dans le cloud de Flock, où les services de police peuvent interroger la base et partager les résultats entre juridictions locales, étatiques ou fédérales.
Échelle et volume de données
Flock indique que son réseau traite plus de 20 milliards de lectures de véhicules chaque mois, couvrant 49 États. Le chercheur en cybersécurité Joshua Michael a comptabilisé plus de 170 000 caméras et 130 000 autres dispositifs dans son inventaire publié en décembre 2025. Flock, de son côté, cite environ 120 000 caméras, ce qui signifie que le nombre réel de capteurs est supérieur d’environ 40 %.
Vulnérabilité d’accès token
En novembre 2025, Michael a découvert que les serveurs de Flock exposaient publiquement un jeton d’accès (access token) récupérable sans authentification. Ce jeton permettait à quiconque de requêter les API internes et d’obtenir la liste complète des dispositifs. Après notification, Flock a corrigé la fuite, mais la divulgation a fourni aux chercheurs une cartographie exhaustive des points de collecte. Aucun extrait de code n’est fourni dans la source, mais la présence d’un token non protégé constitue une faille d’authentification classique, ouvrant la porte à l’énumération de ressources et à la collecte non autorisée de métadonnées.
Risques de mauvaise utilisation
Les enregistrements stockés dans le cloud sont accessibles aux services de police, qui peuvent les partager au-delà des frontières municipales. Une enquête du Washington Post a identifié au moins 50 officiers accusés ou inculpés pour usage abusif de lecteurs de plaques d’immatriculation ; 46 de ces cas impliquaient le système Flock. La capacité à suivre un véhicule sans consentement, combinée à la diffusion inter‑agences, crée un potentiel d’abus important, notamment pour la surveillance de la vie privée des citoyens. L’absence de transparence sur les politiques de rétention et de contrôle d’accès renforce ces inquiétudes.