Contexte réglementaire

Le 25 septembre 2026, la présidente de la Federal Trade Commission (FTC), Lina Khan, a déclaré que les concepteurs d’intelligence artificielle devraient être tenus responsables du comportement de leurs agents autonomes. Cette position s’inscrit dans le cadre plus large du mandat de la FTC, qui, depuis la loi de 1914, surveille les pratiques commerciales déloyales et trompeuses aux États-Unis.

Position du FTC

Lors d’une audition publique, la FTC a souligné que les agents d’IA, lorsqu’ils interagissent avec des consommateurs, peuvent générer des préjudices – par exemple des recommandations financières erronées ou des réponses discriminatoires. La commission a indiqué que la responsabilité actuelle repose largement sur les utilisateurs finaux, ce qui crée un « vide juridique » selon la présidente. Aucun texte législatif précis n’a été présenté, mais la FTC a évoqué l’usage de son pouvoir d’enquête en vertu du Section 5 du FTC Act pour poursuivre les entreprises qui ne contrôlent pas adéquatement leurs systèmes.

Analyse des implications légales

Si la FTC poursuit cette orientation, les développeurs devront intégrer des mécanismes de conformité dès la phase de conception. Cela implique la mise en place de audit trails documentant les données d’entraînement, les critères de décision et les processus de mise à jour. Le coût de ces contrôles pourrait augmenter les dépenses de R&D, surtout pour les start‑ups qui utilisent des modèles pré‑entraînés. En outre, la responsabilité élargie pourrait pousser les fournisseurs de cloud à offrir des garanties contractuelles supplémentaires, car les modèles hébergés restent sous leur contrôle technique.

Limites et perspectives

La déclaration de la FTC ne précise pas de seuils quantitatifs ni de critères de « défaillance » d’un agent. Sans cadre juridique détaillé, les entreprises risquent d’interpréter la règle de façon divergent, créant une incertitude juridique. De plus, la portée internationale reste floue : les acteurs non‑américains pourraient ne pas être soumis aux mêmes exigences, ce qui pourrait favoriser le déplacement de la R&D vers des juridictions moins strictes. Enfin, la mesure pourrait être contestée devant les tribunaux, notamment sur la question de la responsabilité indirecte et de la capacité à prouver un lien de causalité entre le code source et le préjudice subi.