Contexte et décision
En octobre, Goldman Sachs a publié une nouvelle directive interne qui limite l’accès aux agents de codage d’Anthropic, Claude Code, et à GitHub Copilot de Microsoft aux seuls ingénieurs de la banque. Les traders et les banquiers, qui s’appuyaient sur ces outils pour suivre les flux de clients, modéliser les mouvements de marché et produire des documents graphiques, n’y ont plus accès. Les équipes de « strats », qui combinent recherche quantitative et ingénierie logicielle, conservent toutefois leurs droits. Cette restriction suit une première mesure prise en avril, lorsque les banquiers de Hong Kong ont perdu Claude en raison de clauses contractuelles spécifiques. Par ailleurs, Goldman et Morgan Stanley figurent parmi les principaux souscripteurs de l’introduction en bourse d’Anthropic, prévue sous le ticker ANT avant la fin novembre.
Raisons techniques et risques
Claude Code possède la capacité de lire des fichiers, de générer du code source et de l’exécuter avec les mêmes privilèges que l’utilisateur qui lance l’invite. Dans un environnement d’ingénierie, chaque morceau de code passe par des revues, des tests automatisés et des contrôles de déploiement avant d’atteindre la production. Un script produit par un trader, en revanche, peut être mis en service immédiatement, sans passer par ces garde-fous, ce qui augmente le risque d’erreurs non détectées. De plus, les banques sont tenues de maintenir des barrières d’information entre les équipes de vente et les équipes de trading ; un agent capable d’écrire du code ne respecte pas automatiquement ces séparations. Enfin, l’usage des agents est facturé à la consommation de tokens, ce qui a entraîné une hausse des dépenses dans plusieurs entreprises, un facteur supplémentaire de la réévaluation de Goldman.
Implications pour les traders et le secteur bancaire
Avant la restriction, les traders utilisaient Claude Code pour automatiser la surveillance des flux de transactions client et pour créer des modèles de positionnement en temps réel. La suppression de ces capacités a entraîné une perte de productivité immédiate, les équipes devant désormais soumettre leurs besoins aux ingénieurs, ce qui rallonge les cycles de développement. Le manque de visibilité sur le code généré par l’agent expose également la banque à des pertes potentielles si le script ne gère pas correctement des cas limites, comme des variations de marché extrêmes. Cette situation illustre la tension entre l’agilité offerte par les IA génératives et les exigences de conformité et de contrôle propres aux institutions financières.
Comparaison avec d’autres établissements
Alors que Goldman resserre l’accès, Barclays a annoncé en octobre son intention de voir la moitié de ses développeurs utiliser Claude Code d’ici la fin de l’année, tout en prévoyant des suppressions de postes. JPMorgan et Schwab, de leur côté, ont bloqué les agents externes sur les comptes clients, renforçant ainsi leurs propres barrières de sécurité. Ces divergences montrent que chaque banque ajuste son cadre d’utilisation des agents de codage en fonction de son évaluation du risque opérationnel et du coût associé.