Présentation du service
Google Cloud a annoncé Agent Compute Engine, une offre d’infrastructure dédiée aux agents d’intelligence artificielle. Le service repose sur des environnements d’exécution appelés sandboxes, que Google désigne comme microVMs. Ces microVMs sont censées associer l’efficacité matérielle des conteneurs à la sécurité de la virtualisation traditionnelle, afin de limiter les vecteurs d’attaque tout en conservant des performances élevées.
Architecture microVM et sécurités matérielles
Les microVMs s’exécutent sur des appliances spécialement configurées, décrites comme stateless. Les fichiers temporaires des agents ne sont pas conservés de façon permanente ; les données persistantes résident sur un système de fichiers immutable, impossible à modifier ou à supprimer. L’intégrité du firmware de ces appliances est vérifiée à l’aide des puces de cybersécurité Titan développées par Google. Au niveau du processeur, les CPU intègrent des mitigations contre les attaques par canaux auxiliaires, qui exploitent les variations physiques du matériel pour extraire des informations sensibles.
En termes d’isolation réseau, chaque microVM doit traverser une chaîne de proxys avant d’atteindre le reste du centre de données. Un « boundary » IPC point‑à‑point sépare le trafic entrant et sortant, qui passe d’abord par un proxy de médiation non privilégié, puis par un proxy externe chargé de valider les portées de requête et d’appliquer des politiques de filtrage strictes.
Gestion des ressources et fonctionnalités d’agent
Le service détecte les sandboxes inactives et les met hors ligne, réduisant ainsi la consommation matérielle inutile. Lorsqu’un agent doit être réactivé, l’infrastructure le relance rapidement, ce qui, selon Google, permet à un nœud physique d’héberger « orders of magnitude more living agent microVMs than conventional VMs ». En complément, Agent Compute Engine propose des opérations de clonage, de snapshot/forking, de rewind et de rollback, évitant la duplication de ressources lors du déploiement d’agents similaires.
Les identifiants d’accès utilisés par les agents sont stockés en dehors de la sandbox. Un service nommé Agent Gateway récupère ces informations et les transmet aux agents au moment de l’exécution, empêchant ainsi un compromis de sandbox d’exposer les credentials.
Implications pour la sécurité et la facturation
La combinaison d’une isolation matérielle (Titan, mitigations side‑channel) et d’une isolation logicielle (microVM, proxies multiples) crée une barrière en profondeur contre les compromissions. Même si un attaquant prend le contrôle d’une sandbox, il ne pourra ni lire ni supprimer les données stockées, ni accéder aux réseaux externes sans passer par les points de contrôle définis.
Parallèlement, la nouvelle version d’Agent Gateway introduit une gestion des tokens d’inférence, offrant une visibilité granulaire sur la consommation de modèles et permettant d’imposer des plafonds budgétaires. Cette fonctionnalité répond aux exigences de contrôle des coûts dans les déploiements massifs d’agents IA.