Contexte réglementaire
Le Digital Markets Act (DMA) de l’Union européenne impose aux plateformes dominantes de ne plus favoriser leurs propres services dans les résultats de recherche. En juillet, la Commission européenne a infligé à Google une amende de 460 millions d’euros (environ 543 M$) pour avoir privilégié ses offres de voyage et de shopping. Cette sanction oblige le géant à réviser son algorithme afin que le classement repose uniquement sur des critères techniques, sans prise en compte de ses intérêts commerciaux.
Modifications apportées aux résultats de recherche
Pour les requêtes liées aux hôtels, aux vols ou aux restaurants, Google a supprimé les fonctionnalités d’affichage instantané des prix et des disponibilités. La page de résultats commence désormais par un lien vers un moteur de recherche spécialisé, suivi de deux autres liens contenant moins de détails. En dessous, un carrousel présente des établissements mais ne fournit aucune donnée en temps réel. Cette architecture impose aux utilisateurs européens de parcourir davantage la page avant d’atteindre les résultats organiques habituels.
Conséquences techniques sur l'algorithme
Le nouveau cadre contraint Google à exclure les signaux commerciaux (partenariats, accords de visibilité) du processus de classement. Le modèle de ranking doit donc s’appuyer uniquement sur les facteurs classiques : pertinence du texte, autorité du domaine, comportement de clics, etc. L’absence d’informations structurées (prix, disponibilité) réduit la richesse du graphe de connaissances exploité par le moteur, ce qui augmente la dépendance aux requêtes de recherche pure et peut entraîner une hausse du taux de rebond. De plus, le recours à un moteur tiers pour le premier lien introduit une latence supplémentaire, car le système doit interroger une API externe avant de rendre la page.
Implications pour les utilisateurs et le marché
Google reconnaît que ces changements « dégradent l’expérience utilisateur », car les voyageurs ne bénéficient plus d’une comparaison instantanée et doivent recourir à plusieurs clics pour obtenir les mêmes informations. Les intermédiaires en ligne, qui apparaissent désormais en tête du carrousel, gagnent en visibilité, tandis que les petites structures locales perdent l’avantage d’apparaître dans les blocs sponsorisés précédemment contrôlés par Google. La conformité au DMA protège Google d’éventuelles sanctions supplémentaires, mais crée un déséquilibre fonctionnel qui pourrait pousser les concurrents à exploiter la lacune de données en temps réel pour attirer les utilisateurs européens.