Contexte de la modification

Depuis fin août 2026, Google Search réécrit systématiquement les liens des résultats organiques. Au lieu d’insérer l’adresse du site cible dans l’attribut href, la page renvoie une URL du type https://www.google.com/goto?url=…. Cette évolution apparaît dès que l’utilisateur n’est pas connecté ou utilise le mode navigation privée. Le changement ne se limite plus à un petit sous‑ensemble de SERP, il touche désormais la quasi‑totalité des résultats affichés dans ces conditions.

Le format précédent, google.com/url?q=, exposait la destination en clair après décodage URL. Le nouveau goto utilise un encodage propriétaire qui ne correspond pas à du base64 et agit comme une référence opaque à l’enregistrement d’index de Google.

Mécanisme du lien goto

Lorsque le navigateur suit le href google.com/goto?url=…, Google répond avec un code HTTP 302 et place l’URL réelle dans l’en‑tête Location. La résolution nécessite donc une requête supplémentaire, typiquement un HEAD, pour lire cet en‑tête sans charger la page cible. Exemple :

curl -I "https://www.google.com/goto?url=ABC123"
# HTTP/1.1 302 Found
# Location: https://example.com/page.html

Le paramètre url ne peut pas être décodé hors ligne ; il ne représente qu’un identifiant interne. Google conserve néanmoins le texte lisible du domaine et du favicon dans le code HTML afin d’afficher correctement le SERP.

Implications pour le scraping automatisé

Cette architecture augmente le coût opérationnel des collecteurs de SERP. Un scraper qui voulait extraire les destinations devait auparavant parser le HTML et récupérer les URL en une passe. Avec le format goto, chaque résultat impose une requête supplémentaire vers les serveurs de Google, même si le client ne suit pas la redirection finale. Le trafic supplémentaire fournit à Google un signal d’usage : un même client qui résout des centaines de liens en séquence déclenche une trace identifiable, ce qui rend plus difficile le masquage d’activités de scraping à grande échelle.

Le changement s’inscrit dans une série d’ajustements de Google visant à protéger le SERP : suppression du paramètre &num=100, renforcement de BotGuard/SearchGuard, et poursuites contre des services de scraping comme SerpAPI. L’ensemble de ces mesures élève la barrière technique pour les IA et les agrégateurs qui s’appuient sur des listes massives d’URL.

Réaction d'Autom et adaptations

Autom a détecté les liens goto dès les premiers tests, mais la faible couverture initiale rendait difficile le déploiement d’une solution fiable. Dès que le comportement s’est généralisé, l’équipe a intégré une étape de résolution : chaque URL google.com/goto est interrogée avec une requête HEAD, le champ Location est extrait, et la destination finale est renvoyée dans les réponses API d’Autom. Cette logique préserve la compatibilité avec les intégrations existantes : les clients continuent de recevoir les URL de destination sans modifier leur code.

Autom continue de surveiller l’évolution du format goto. Si Google modifie l’encodage ou introduit de nouvelles couches de redirection, le pipeline pourra être ajusté sans impacter les utilisateurs finaux.