Contexte du programme

Google a lancé, selon The Information, un projet pilote qui rémunère les éditeurs dont le contenu apparaît dans les nouvelles fonctionnalités d’IA du moteur de recherche. Le test regroupe environ cent sites partenaires et a débuté il y a moins d’un an. Il s’inscrit dans la stratégie de Google visant à intégrer des résumés générés par IA – appelés AI Overviews et AI Mode – ainsi que le chatbot Gemini dans les réponses aux requêtes des utilisateurs.

Ces fonctionnalités extraient des extraits de pages web pour créer des réponses synthétisées. La mesure de la contribution d’un éditeur repose sur le nombre d’extraits sélectionnés et la fréquence d’affichage dans les réponses d’IA, ce qui constitue la base du calcul des paiements.

Mécanisme de rémunération

Google paie les éditeurs en fonction du volume de trafic généré par leurs contenus dans les réponses d’IA. Un éditeur ayant participé dès le lancement du pilote aurait perçu plus d’un million de dollars sur une période de douze mois, tandis qu’un autre, intégré quelques mois plus tard, aurait reçu entre 50 000 et 60 000 dollars. Le modèle de paiement reste confidentiel, mais les montants indiqués suggèrent une tarification proportionnelle à l’exposition réelle dans les réponses d’IA.

Le calcul implique probablement l’agrégation de métriques d’impression et de clics sur les extraits affichés, données déjà collectées par les systèmes de suivi de Google. Cette approche crée un lien direct entre la visibilité dans l’IA et la rémunération, contrastant avec le modèle publicitaire traditionnel basé sur les annonces.

Implications pour le trafic web

En rémunérant les contributions aux réponses d’IA, Google pourrait inciter davantage d’éditeurs à optimiser leurs contenus pour les algorithmes de sélection d’extraits. Cette dynamique pourrait modifier la répartition du trafic organique, les sites bénéficiant d’extraits fréquents voyant potentiellement leur audience augmenter sans passer par les résultats classiques.

Cependant, le programme ne couvre qu’une fraction du trafic total, et les revenus rapportés restent modestes pour la plupart des participants. L’absence de transparence sur les critères de sélection rend difficile l’évaluation de l’effet global sur le paysage du référencement.

Réactions réglementaires

Le projet pilote intervient alors que les autorités surveillent l’impact des fonctions d’IA sur le trafic des sites. En juin, le Royaume‑Uni a imposé à Google la possibilité pour les éditeurs de refuser l’inclusion de leurs pages dans les réponses d’IA. L’Union européenne a ouvert une enquête et a exigé des modifications du moteur de recherche afin de limiter les effets négatifs sur le trafic web.

Ces exigences obligent Google à intégrer des mécanismes d’opt‑out et à fournir davantage de données sur la façon dont les extraits sont choisis. Le programme de paiement pourrait ainsi servir de levier pour répondre aux exigences de transparence tout en maintenant un incitatif économique pour les éditeurs.