Contexte et matériel
Google a lancé cinq modèles de Googlebook équipés de processeurs Intel i5 à i7, d’écrans 13 à 15 pouces et de SSD de 256 Go à 1 To. Les testeurs décrivent le matériel comme « de bon à excellent », ce qui place les appareils au même niveau que les ultrabooks concurrents. Cependant, le Googlebook OS, présenté comme le successeur de ChromeOS, repose entièrement sur Android 12, ce qui influe directement sur l’expérience logicielle.
Architecture logicielle et limites d’Android
Le choix d’Android comme noyau du système introduit plusieurs contraintes héritées du mobile. Android ne gère pas nativement les bureaux virtuels ; ainsi, les utilisateurs ne peuvent ni swiper entre les bureaux ni déplacer les fenêtres d’un bureau à l’autre. Cette limitation apparaît dans le testeur qui signale l’absence de fonction de glisser‑déposer des fenêtres, un comportement attendu sur un ordinateur de bureau. De plus, le clavier intègre les boutons de navigation Android (retour, accueil, aperçu), une solution de secours pour les applications qui ne s’adaptent pas, mais qui crée une incohérence d’interface sur un appareil à clavier complet.
Comportement des applications Android
Les applications Android s’exécutent dans leur version mobile, ce qui entraîne des dysfonctionnements notables. Par exemple, l’application Signal se connecte sans problème au téléphone, mais l’envoi d’un message nécessite Ctrl+Enter et la sélection de texte est impossible ; un glissement du curseur entraîne un défilement vertical au lieu de mettre en surbrillance. De même, les versions mobiles de Photoshop et Lightroom offrent seulement des fonctions d’édition basiques, poussant les testeurs à préférer un ordinateur Windows équipé des versions de bureau. Un autre problème récurrent est le bouton « Clear All » affiché à gauche du gestionnaire de bureaux, qui ferme simultanément toutes les applications, une fonction dérivée de l’app switcher Android mais inadaptée à un usage laptop.
Comparaison avec ChromeOS et perspectives
Google a justifié le passage d’Android à la place de ChromeOS en promettant un développement plus rapide. En pratique, les lacunes observées – impossibilité d’utiliser Chrome avec plusieurs comptes Google, performances d’applications mobiles limitées, et absence de gestes de gestion de fenêtres – font que l’expérience actuelle semble moins fluide que celle de ChromeOS. Les testeurs soulignent que chaque jour apporte de nouvelles anomalies, indiquant que le système n’est pas encore stabilisé. Si Google prévoit d’ajouter des fonctionnalités de bureau (glisser‑déposer, gestion multi‑comptes), il devra réviser l’architecture d’Android ou intégrer des couches de compatibilité supplémentaires, ce qui pourrait retarder les mises à jour promises.