Installation et configuration

Le processus d’installation d’un Googlebook dure quelques minutes, incluant l’enregistrement d’un login biométrique, la connexion à un compte Google et la synchronisation initiale avec un smartphone Android. Deux variantes sont testées – un modèle Asus et un modèle HP – qui diffèrent uniquement par le comportement par défaut du sélecteur d’applications : l’un propose d’installer l’ensemble des applications du téléphone, l’autre ne retient que les versions « optimisées pour le bureau ». Cette étape repose sur le même framework Android‑Setup, qui ne prévoit pas de mécanisme de récupération automatique en cas d’interruption du réseau.

Connectivité inter‑appareils

Après le jumelage, la communication entre le Googlebook et le téléphone dépend de deux protocoles simultanés : le Wi‑Fi (même réseau) et le Bluetooth (activé). Le passage à un nouveau réseau Wi‑Fi oblige à redémarrer le laptop pour ré‑établir le lien, ce qui montre une absence de gestion dynamique des changements d’adresse IP. Le réglage « cross‑device » doit être activé sur chaque appareil, et plusieurs redémarrages sont souvent nécessaires avant que le pairage soit effectif. Les tests indiquent que le dispositif ne reconnaît qu’un seul téléphone à la fois, avec des exceptions ponctuelles où deux téléphones (Oppo et Vivo X Fold 6) sont détectés simultanément, mais la stabilité reste aléatoire. Le partage de fichiers et le casting d’applications sont décrits comme « cassés » ou « awkward », ce qui reflète une implémentation incomplète du protocole Wi‑Di (Wi‑Fi Direct) et du support de l’API Cast.

Compatibilité des applications

Sur le Googlebook, la plupart des applications Android sont exécutées dans leur version mobile. Seules les applications marquées « Made for desktop » dans le Play Store offrent un redimensionnement de l’interface et un support basique du clavier et de la souris. Cependant, même ces versions « optimisées » ne gèrent pas les clics droits et conservent souvent une orientation portrait, limitant l’usage productif. Des exemples concrets sont Slack, dont l’interface mobile devient inutilisable sur un écran de 13 in, et les applications Adobe, qui offrent des fonctionnalités réduites par rapport à leurs homologues de bureau. Chrome est signalé comme le pire cas : l’absence de prise en charge du mode multi‑fenêtre et la dépendance à la navigation web rendent l’expérience moins fluide que sur un ordinateur traditionnel.

Implications et perspectives

Ces constats soulignent que la couche Android, conçue à l’origine pour des écrans tactiles de petite taille, impose des contraintes physiques lorsqu’elle est portée sur du matériel de type laptop. Le besoin d’un réseau Wi‑Fi partagé et d’un Bluetooth actif crée une dépendance réseau qui peut compromettre la continuité de travail, surtout en mobilité. De plus, l’écosystème d’applications ne fournit pas encore un nombre suffisant d’interfaces réellement adaptées au clavier, à la souris et aux écrans larges, ce qui limite la substitution du Googlebook à un PC traditionnel. Sans amélioration du protocole de synchronisation et une offre plus riche d’applications « desktop‑ready », la proposition de valeur d’Android sur laptop restera marginale.