Contexte historique et source du chiffre
Le 27 novembre 1918, les forces allemandes ont transmis un message radio codé selon la méthode ADFGVX, l’une des plus complexes employées pendant la Première Guerre mondiale. Ce message figure parmi les plus de douze messages de la série qui restent, jusqu’à présent, non résolus selon la base de données de Scienceblogs.de. Le texte chiffré compte 170 symboles et était destiné à communiquer la position d’un croiseur anglais à Sévastopol.
Méthode de chiffrement ADFGVX et construction de la table
ADFGVX utilise un tableau de 6 × 6 où chaque ligne et chaque colonne sont identifiées par les lettres A, D, F, G, V et X. Le tableau associe chaque paire de lettres à un caractère alphanumérique. L’exemple fourni dans la source montre la clé « HOUSE » :
A D F G V X
A H O U S E
A D B C D F
G I F J K L
M N P G Q R
T V W X V Y
Z 0 1 2 3 X
4 5 6 7 8 9Dans ce schéma, la paire « AA » correspond à H, « AD » à O, etc. Le choix de la clé détermine l’ordre des caractères dans le tableau et, par conséquent, la correspondance entre paires de lettres et texte clair.
Décodage par GPT‑6 Astra
Le modèle GPT‑6 Astra a été configuré pour utiliser le mot‑clé « TRUPPENVERSCHIEBUNG ». Avant l’encodage, ce mot est réordonné alphabétiquement, ce qui place chaque lettre dans une colonne numérotée selon son rang. Le texte chiffré est ensuite réparti en lignes de 19 symboles, produisant huit lignes complètes et une dernière de 18 symboles, soit 18 colonnes de 9 symboles et une colonne « G » de 8 symboles.
Le calcul de la position des colonnes repose sur le rang alphabétique : la colonne « T » (16ᵉ) possède 14 colonnes de 9 symboles plus la colonne « G » de 8 symboles, soit 134 symboles précédents. Le 135ᵉ symbole du message est « A », qui, combiné avec la colonne « T », donne la paire « AV » correspondant à la lettre « E » du texte clair. Le même raisonnement s’applique à chaque lettre ; par exemple, la colonne « R » (13ᵉ) a 11 × 9 + 1 × 8 = 107 symboles précédents, le 108ᵉ symbole est « V », et la paire « RV » décode « I ». En répétant ce processus, Astra a reconstruit le texte complet :
EIN ENGLISCHER KREUZER EINLIEG X SEWASTOPOL X S4STEN X EIN GESCHWADER DER X ALLIIERTEN FOLGT 26STEN XTraduit en anglais : « AN ENGLISH CRUISER ARRIVED AT SEVASTOPOL ON THE ?4TH AND AN ALLIED SQUADRON FOLLOWS ON THE 26TH ».
Analyse des résultats, validation et limites
La plausibilité du décodage a été confirmée par les journaux du HMS Canterbury, qui indiquent une arrivée à Sévastopol le 24 novembre 1918, suivie d’un escadron allié le 26 novembre. La différence entre la date de transmission (27 novembre) et la date d’utilisation supposée du mot‑clé (à partir du 9 décembre) constitue la principale incertitude soulevée par Astra. Aucun autre document de l’époque ne précise quand « TRUPPENVERSCHIEBUNG » a été introduit, ce qui rend difficile d’affirmer que l’anomalie de date soit due à une erreur de transcription ou à un changement de protocole.
En outre, le modèle ne fournit pas de métrique de confiance chiffrée pour chaque caractère décodé, ce qui limite l’évaluation statistique de la précision globale. Malgré ces réserves, la concordance entre le texte décodé et les archives historiques constitue une preuve solide de la capacité de GPT‑6 Astra à résoudre des chiffrements classiques complexes, ouvrant la voie à de nouvelles investigations sur les archives cryptographiques non résolues.