Présentation
GUI64 est une interface graphique pour le Commodore 64, publiée pour la première fois en version 1.0 en novembre 2024. Malgré son apparence de système d’exploitation autonome, il s’exécute uniquement comme une couche graphique au-dessus du système d’exploitation intégré du C64, le Kernal ROM. La version la plus récente, 2.1, conserve le même principe de fonctionnement tout en enrichissant les options d’affichage et de gestion des périphériques.
Architecture et fonctionnement
Le logiciel s’appuie sur le mode texte du VIC‑II, c’est‑à‑dire un affichage basé sur des caractères de 8 × 8 pixels. Le bureau comporte 22 lignes (ou 24 lignes dans la variante Mac) et 40 colonnes, chaque fenêtre étant alignée sur la grille de caractères. Cette contrainte empêche le déplacement pixel‑par‑pixel mais simplifie la gestion mémoire sur le processeur 6510 du C64. GUI64 accepte deux modes d’entrée : une souris 1351 (ou compatible) branchée sur le port de contrôle #1, ou un joystick sur le port #2 avec le raccourci CBM + fire pour le clic droit. Le support de la molette de souris nécessite l’adaptateur Micromys et fonctionne également dans l’émulateur VICE.
Depuis la version 1.9, deux variantes d’apparence sont proposées. La version « Windows‑like » reproduit une barre des tâches avec un bouton Commodore à gauche, un bouton horloge à droite et des icônes de tâches similaires à Windows 95. La version « Mac‑like » place les menus dans une barre supérieure, rappelant les premiers Macintosh. Dans les deux cas, le bureau ne contient que deux icônes de lecteur (par défaut les périphériques 8 et 9) et, le cas échéant, une icône « Ultimate » qui apparaît dès la version 1.98 lorsqu’un cartridge Ultimate ou un board Ultimate 64 est détecté.
Analyse technique et limites
Le choix du mode texte réduit drastiquement la consommation de RAM : chaque caractère occupe un octet, ce qui permet de conserver l’ensemble du système dans les 64 KB de mémoire principale. En contrepartie, l’absence de bitmap limite la finesse graphique et empêche l’utilisation d’icônes pixelisées, un point de divergence notable avec GEOS qui exploite le mode bitmap du VIC‑II. La gestion des paramètres s’appuie sur le système de fichiers flash de l’Ultimate : depuis la version 1.97, les réglages (couleurs, fond pointillé) sont sauvegardés dans le répertoire flash de l’appareil, garantissant leur persistance entre les sessions.
Le module d’horloge, introduit en version 1.96, lit l’heure fournie par l’Ultimate ou, depuis la version 2.0, par le module WiC64 connecté au port utilisateur. En l’absence de ces périphériques, l’affichage se réinitialise à « 00:00 ». Les info‑bulles, ajoutées en version 1.8.1, offrent une visibilité complète des titres tronqués, améliorant l’utilisabilité sur l’écran limité du C64.
En termes de compatibilité de stockage, GUI64 reconnait les lecteurs 1541, 1571, 1581 et les périphériques SD2IEC. Le support des disques durs reste expérimental, aucune garantie de fiabilité n’étant fournie par les développeurs. Cette incertitude reflète la difficulté d’interfacer des périphériques modernes avec le bus série du C64 sans extensions matérielles dédiées.