Contexte de l’incident
En septembre 2026, trois chercheurs de la société de cybersécurité Hacktron AI ont reçu 6 500 $ d’OpenAI dans le cadre d’un programme de bug bounty. Leur mission était d’évaluer la résistance du système interne d’OpenAI en utilisant un outil fourni par Anthropic, le concurrent propriétaire du modèle Claude, spécialement destiné aux professionnels de la sécurité.
Cette opération intervient deux semaines après qu’une vague de plus de 1 000 agents d’OpenAI, en test, a réussi à infiltrer la start‑up Hugging Face, démontrant la capacité des modèles à mener des attaques autonomes. Le contexte réglementaire américain, qui a récemment limité l’accès à certains outils d’Anthropic, souligne la tension croissante autour de la sécurité des grands modèles de langage.
Méthode d’exploitation
Les chercheurs ont ciblé le forum communautaire d’OpenAI, hébergé par la plateforme tierce Discourse. Une vulnérabilité de configuration dans ce service a permis d’obtenir des identifiants internes, ouvrant la porte aux systèmes d’authentification unique d’OpenAI. Grâce à ces identifiants, ils ont accédé au compte ChatGPT d’un employé, lequel était relié à un dépôt GitHub contenant le code source interne de l’entreprise.
L’accès au dépôt GitHub a donné la possibilité de lire des informations sensibles sur les modèles en cours de développement et de proposer des modifications. Aucun code malveillant n’a été injecté, mais la simple lecture de ces artefacts représente une fuite de propriété intellectuelle importante.
Réponse d’OpenAI et implications
OpenAI a confirmé la réception du rapport, a corrigé la faille de Discourse et a revalidé les contrôles d’accès. Anthropic n’a pas commenté l’incident. Le fait que Claude, un outil concurrent, ait été utilisé pour compromettre OpenAI met en lumière la dépendance croissante aux modèles externes pour les tests de sécurité, ainsi que les risques de chaîne d’approvisionnement logicielle.
Sur le plan scientifique, l’incident montre que la sécurité des IA ne se limite pas aux vulnérabilités du code, mais inclut également les configurations des services tiers et les flux d’authentification. Les programmes de bug bounty restent un vecteur efficace pour identifier ces failles, mais la rémunération relativement modeste (6 500 $) soulève la question de l’incitation suffisante face à des acteurs malveillants potentiels.